L’utilisation du réseau social TikTok continue de susciter des débats dans plusieurs établissements scolaires de la ville de Beni, au Nord-Kivu. À mi-chemin entre outil de divertissement et support d’apprentissage, cette application divise les élèves et inquiète leurs encadreurs.
La Coordination des Comités des Élèves de Beni (COCEB) alerte sur les risques que son usage incontrôlé fait peser sur la réussite scolaire. Les déclarations ont été faites ce jeudi 27 novembre 2025 au Journal des Nations.
Pour certains élèves interrogés, TikTok peut être un outil de recherche et de formation :
« TikTok est bon parce que moi, j’ai déjà téléchargé beaucoup de films de philosophes et pédagogues », témoigne un élève.
Mais d’autres reconnaissent que l’application présente également de sérieux dangers :
« Il y a des inconvénients, parce qu’il y en a pour la pornographie. Chers amis, je vous conseille d’éviter de suivre des films de pornographie », prévient un autre apprenant.
Plusieurs élèves affirment que l’usage abusif de TikTok perturbe la concentration scolaire :
« Parfois TikTok est bon, mais il y a des fois où ça peut nuire à l’éducation des enfants. Les enfants d’aujourd’hui s’intéressent surtout au réseau plutôt qu’à l’école », regrette un jeune interrogé.
« Je peux le conseiller, mais ça amène les jeunes dans la distraction », poursuit un autre.
La COCEB tire la sonnette d’alarme
Du côté de la Coordination des Comités des Élèves de Beni, le ton est plus ferme. Son porte-parole, Kikuku Kambale, dénonce un danger réel pour l’avenir de nombreux jeunes.
« L’utilisation de TikTok en milieu scolaire est un danger réel et pire encore pour notre avenir. L’usage incontrôlé de TikTok met sérieusement en danger votre réussite, votre sécurité et votre avenir », insiste-t-il.
Il appelle les élèves à une prise de conscience, et les autorités scolaires à des mesures strictes :
« Nous lançons un message aux autorités scolaires et aux représentants des différentes structures : il faut voir comment matérialiser les contrôles dans les écoles et les classes. Il faut lutter contre l’utilisation du téléphone en milieu scolaire, parce que cette utilisation amène à l’ouverture de cette application ».
Une application très prisée par les jeunes
Créé en septembre 2016 par la société chinoise ByteDance, TikTok d’abord nommé Douyin en Chine s’est rapidement imposé sur le marché international dès 2017. Son contenu varié, massivement consommé par les jeunes, attire mais expose aussi cette catégorie à des dérives, dont certaines sont aujourd’hui observées dans les écoles de Beni.
Alors que l’année scolaire 2025-2026 suit son cours, les acteurs éducatifs plaident pour une sensibilisation accrue et un contrôle renforcé afin d’éviter que cette tendance ne continue à pénaliser la performance scolaire des élèves.
Gloire Tsongo / Beni