Le coordonnateur national du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS), Jean de Dieu Ntanga Ntita, a présenté l’étendue des activités de ce programme gouvernemental lors du briefing presse tenu lundi 9 mars à Kinshasa. Cette rencontre était coanimée par le ministre de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe.
Au cours de cette intervention, le responsable du P-DDRCS a mis en avant une évolution majeure dans la mise en œuvre du programme : son déploiement dans la ville-province de Kinshasa, en plus des provinces déjà concernées par les opérations de désarmement et de démobilisation.
Selon Jean de Dieu Ntanga Ntita, le programme est actuellement opérationnel dans plusieurs zones du pays marquées par la présence de groupes armés. Il s’agit notamment de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Maniema et du Tanganyika.
Depuis la fin de l’année dernière, le dispositif a également été étendu à Kinshasa, précisément dans la commune de Maluku, avec une progression prévue vers la province du Maï-Ndombe. Cette extension s’inscrit dans le cadre de la gestion de la crise sécuritaire liée au phénomène Mobondo, qui affecte les zones frontalières entre la capitale et le Maï-Ndombe.
Le coordonnateur national a indiqué que l’intervention dans cette zone se fait sur instruction de la hiérarchie, afin de prendre en charge les combattants impliqués dans ce conflit et favoriser leur retour à la vie civile.
Jean de Dieu Ntanga Ntita a rappelé que l’intégration des ex-combattants dans le programme obéit à une méthodologie clairement définie. Celle-ci découle de l’ordonnance n°21/038 du 4 juillet 2021, qui confie à la coordination nationale du P-DDRCS la mission d’élaborer la stratégie nationale de mise en œuvre du programme.
Dans la pratique, le processus commence par la sensibilisation et le dialogue avec les groupes armés. Les combattants qui acceptent d’adhérer au programme sont ensuite identifiés dans une base de données unique, biométrisés et reçoivent une carte d’identification.
Leurs armes sont également enregistrées et tracées dans cette même base de données, avant d’être stockées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Après cette étape, les bénéficiaires sont orientés vers des formations professionnelles et des activités génératrices de revenus, afin de faciliter leur réinsertion dans la vie civile.
Sur le plan des résultats, le coordonnateur national a fait savoir que 3 188 combattants ont été démobilisés au cours de l’année écoulée, même si ces chiffres continuent d’évoluer et on arrive à 5000 démobilisés actuellement.
Dans le détail, 1 546 bénéficiaires ont été pris en charge dans la province de l’Ituri, tandis que 838 démobilisés ont été enregistrés dans le Tanganyika et 653 dans d’autres zones d’intervention du programme.
À la frontière entre Kinshasa et le Maï-Ndombe, dans le cadre de la gestion du phénomène Mobondo, 151 combattants ont déjà été traités par le programme.
Christiane EKAMBO