À Lubumbashi, l’affaire de pollution attribuée à la société Congo Dongfang International Mining (CDM) continue de susciter de vives inquiétudes. Si le gouvernement congolais a annoncé des mesures de réparation après les travaux d’une commission interministérielle spéciale, l’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH) estime que ces mesures restent largement insuffisantes et, surtout, mal appliquées.
Selon les conclusions de la commission, plus de 2,5 millions de mètres cubes d’eaux acides issues des activités minières se sont déversés dans les quartiers de Kasapa, Kamatete et Kamisepe, des zones densément peuplées de Lubumbashi.
Les analyses ont révélé une acidité extrêmement élevée ainsi que des concentrations anormales de métaux lourds comme le cuivre, le cobalt, l’arsenic ou encore le plomb. Ces substances sont connues pour leurs effets graves sur la santé, notamment en perturbant le système hormonal.
D’après les références de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), ce type d’exposition peut entraîner des maladies chroniques et des impacts durables, parfois sur plusieurs générations.
En janvier 2026, le ministère des Mines a infligé à CDM une amende d’un peu plus de 6,6 millions de dollars américains. Une enveloppe supplémentaire de 6 millions de dollars a été annoncée au titre de réparation collective.
Pour l’IRDH et les communautés locales, ces montants ne reflètent pas l’ampleur réelle des dégâts environnementaux et sanitaires. L’organisation déplore également que certaines mesures décidées en urgence ne soient pas respectées.
Par exemple, la commission avait exigé le forage d’au moins 15 nouveaux puits pour remplacer ceux contaminés. À ce jour, seuls quatre auraient été réalisés, dont certains présentés comme des « dons » de l’entreprise, ce que critique l’IRDH. Pour l’Institut, il ne s’agit pas d’actes de générosité, mais d’obligations légales découlant du principe du « pollueur-payeur ».
Face à la gravité des risques sanitaires, les communautés affectées réclament une réparation plus ambitieuse. Elles demandent la mise en place d’un fonds d’indemnisation de 100 millions de dollars.
Ce fonds servirait notamment à créer un centre médical spécialisé capable d’assurer le suivi des populations exposées, le traitement des maladies liées à la pollution minière, la surveillance sanitaire sur le long terme ainsi que la recherche et la formation du personnel de santé. L’objectif est de protéger non seulement les victimes actuelles, mais aussi les générations futures.
Pour appuyer leurs demandes, les défenseurs des droits humains évoquent plusieurs affaires internationales impliquant de grandes compagnies minières, où les montants de réparation ont atteint des centaines de millions, voire des milliards de dollars. Ils estiment que la situation de Lubumbashi doit être traitée avec le même sérieux et selon les standards internationaux en matière de responsabilité environnementale.
Rédaction/JDN