La République démocratique du Congo a déclaré, lundi 1ᵉʳ décembre 2025, la fin de la 16ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola dans la province du Kasaï. Cette annonce intervient 42 jours après la guérison du dernier patient, enregistrée le 19 octobre, délai requis pour confirmer l’arrêt d’une transmission active.

Dans un communiqué adressé aux médias, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que 64 cas ont été recensés, dont 53 confirmés et 11 probables, ainsi que 45 décès, depuis la déclaration officielle de l’épidémie le 4 septembre.

« Au nom du gouvernement, et en tenant compte de tous les indicateurs scientifiques et opérationnels attestant que la chaîne de transmission du virus a été rompue, je déclare officiellement la fin de la 16ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo », a annoncé le Dr Samuel Roger Kamba, ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale.
L’épidémie a principalement touché la zone de santé de Bulape, une communauté rurale aux infrastructures routières et de télécommunications limitées. Selon l’OMS, la riposte rapide et coordonnée menée par le ministère congolais de la Santé, avec l’appui de ses partenaires, a permis de maîtriser la propagation du virus en trois mois.
« Un total de 112 experts de l’OMS et intervenants de première ligne ont été déployés pour soutenir les autorités nationales dans l’intensification et la stabilisation rapide de la riposte, tandis que plus de 150 tonnes de fournitures et d’équipements médicaux ont été acheminés afin de protéger le personnel de santé et les communautés », précise l’organisation.
Le Dr Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, a salué les efforts conjoints ayant permis de mettre fin à cette flambée épidémique.
« L’OMS est fière d’avoir soutenu la riposte et de laisser derrière elle des systèmes plus robustes — de l’accès à l’eau potable à des soins plus sûrs — qui continueront de protéger les communautés longtemps après la fin de l’épidémie », a-t-il déclaré.
Au total, plus de 47 500 personnes ont été vaccinées avec le vaccin rVSV-ZEBOV (Ervebo), utilisé avec succès depuis la 10ᵉ épidémie d’Ebola au Nord-Kivu et en Ituri. Cette stratégie ciblait d’abord les contacts des cas confirmés avant d’être élargie aux communautés de Bulape et des zones voisines.
Découverte en 1976 en RDC, alors Zaïre, la maladie à virus Ebola est une affection rare mais grave, souvent mortelle. Les experts rappellent que sa transmission interhumaine se produit par contact direct avec le sang ou les liquides biologiques d’une personne malade ou décédée, mais aussi par l’exposition à des objets ou surfaces contaminés.
Djiress BALOKI/Nord-Kivu