Face à l’exode massif provoqué par l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo, le gouvernement congolais a posé un acte à forte portée symbolique et humanitaire. Le week-end dernier, une délégation officielle s’est rendue au camp de réfugiés de Busuma, au Burundi, où sont installés plus de 67 000 Congolais ayant fui les violences armées.

La mission a été conduite par la ministre d’État en charge des Affaires sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, accompagnée du ministre délégué aux Affaires étrangères chargé de la Diaspora, Crispin Mbandu. À travers cette démarche, l’exécutif congolais a tenu à réaffirmer la solidarité de la Nation envers ses ressortissants, même contraints à l’exil.

Femmes, hommes et enfants ont trouvé refuge à Busuma après avoir fui l’embrasement sécuritaire dans le Sud-Kivu, particulièrement dans la région d’Uvira, théâtre de l’avancée des rebelles du M23/AFC. Contraints d’abandonner maisons, biens et moyens de subsistance, ces déplacés ont franchi la frontière burundaise dans l’urgence, en quête de protection.
Implanté sur une superficie d’environ 110 hectares et structuré en 78 quartiers, le site de Busuma est devenu, par la force des circonstances, un lieu de survie pour ces milliers de familles, situé à plus de 200 kilomètres de Bujumbura.
Sur le terrain, la délégation congolaise a procédé à la remise d’une aide humanitaire multisectorielle, composée de vivres, de produits de première nécessité et d’un appui social. Mais au-delà de cette assistance matérielle, la mission a surtout porté un message politique et moral fort : la République démocratique du Congo ne se détourne pas de ses citoyens, même lorsqu’ils sont loin de leur sol natal.
Ce message de compassion et de solidarité a été accueilli avec émotion par les réfugiés, nombreux à exprimer l’espoir d’un retour rapide de la paix afin de regagner leurs terres dans des conditions dignes et sécurisées.
Alors que la crise humanitaire continue de s’aggraver dans l’Est de la RDC, cette visite met en lumière la nécessité d’une mobilisation renforcée, tant au niveau national qu’international. La prise en charge des réfugiés et la stabilisation durable de la région des Grands Lacs demeurent des priorités urgentes pour soulager les populations civiles et prévenir de nouvelles tragédies humaines.
Guillaume MABALA