La République Démocratique du Congo mise sur une arme décisive : le vaccin Ervebo face à la nouvelle flambée de l’épidémie à virus Ebola dans la province du Kasaï. Depuis la déclaration de cette 16ᵉ épidémie, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a confirmé la disponibilité d’un lot de 2 000 doses destiné à une riposte vaccinale rapide et efficace.
Développé spécifiquement contre la souche « Ebola Zaïre », responsable de l’épidémie actuelle, Ervebo est un vaccin vivant recombinant atténué. Il s’administre en dose unique et peut être utilisé dès l’âge d’un an, précise l’OMS.
Le Dr Mohamed Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, rappelle l’expérience acquise lors des précédentes épidémies en RDC, notamment l’efficacité de la stratégie dite de la «vaccination en anneau ». Celle-ci consiste à vacciner en priorité les contacts directs des cas confirmés, leurs contacts secondaires, ainsi que les agents de santé en première ligne. Cette approche vise à créer une barrière immunitaire autour des foyers d’infection pour interrompre rapidement la chaîne de transmission.
La mort de quatre agents de santé dans la zone de santé de Bulape, au cœur du territoire de Mweka, illustre la vulnérabilité du personnel médical. La vaccination des équipes de riposte figure donc parmi les urgences absolues.
« Nous agissons avec détermination pour stopper la propagation du virus et protéger les communautés », a déclaré le Dr Janabi.
Si la RDC a déjà fait face à plus d’une dizaine d’épidémies d’Ebola depuis 1976, la localisation actuelle dans le Kasaï suscite de fortes inquiétudes. La mobilité des populations et la faiblesse des infrastructures de santé compliquent la riposte et accroissent le risque de propagation.
Le succès de la lutte repose sur la rapidité du déploiement du vaccin, la surveillance active des cas et la protection renforcée des soignants.
« Cette épidémie nous rappelle la menace constante que représente Ebola en RDC », souligne Hilde de Clerck, experte en maladies infectieuses chez Médecins sans frontières (MSF). « Malgré les progrès récents dans les traitements, sans soins administrés rapidement, la majorité des patients risquent de succomber. L’accès aux soins et aux vaccins est donc vital ».
Déclarée le 4 septembre dernier, l’épidémie a déjà fait plus de 20 cas confirmés, dont 16 décès, selon les autorités sanitaires.
Djiress BALOKI/Nord-Kivu