En marge d’une série de réunions organisées par les États-Unis à Madrid, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a choisi de rencontrer exclusivement ses homologues algérien, mauritanien et marocain, en excluant délibérément les représentants du Polisario. Cette décision a provoqué l’indignation des milieux séparatistes, mais traduit surtout un recentrage stratégique clair de la diplomatie espagnole.
Par cette approche, l’Espagne affirme désormais sa préférence pour des échanges bilatéraux entre États souverains et légitimes. Le Polisario, considéré comme une organisation non étatique et armée, est ainsi mis à l’écart du processus, tandis que Madrid réaffirme son appui au plan d’autonomie marocain de 2007, qualifié de solution « la plus sérieuse et réaliste » par les autorités espagnoles et désormais accepté comme cadre exclusif par le Conseil de sécurité de l’ONU.
José Manuel Albares a précisé que ses discussions incluaient notamment Staffan de Mistura, l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU, confirmant le soutien total de l’Espagne au processus onusien, tout en évitant de mentionner le Polisario. Cette démarche illustre un positionnement cohérent : privilégier la négociation directe entre acteurs étatiques et marginaliser les entités qui contestent la souveraineté marocaine.
L’exclusion du Polisario met également en lumière le rôle central de l’Algérie dans ce conflit. Longtemps présentée comme simple observatrice, elle est désormais directement identifiée comme partie prenante en raison de son soutien au mouvement séparatiste.
Par ailleurs, la présence accrue des États-Unis dans ce dossier traduit une volonté internationale de pacification du Sahara et du Sahel. Les prochains mois pourraient voir l’ouverture de négociations directes entre les acteurs légitimes, offrant une opportunité pour avancer vers une résolution définitive d’un conflit vieux de près de cinquante ans.
Ce recentrage diplomatique espagnol envoie un signal fort : seuls les États sont considérés comme interlocuteurs légitimes, tandis que les mouvements armés sont exclus des discussions officielles. Madrid confirme ainsi son soutien au cadre marocain pour le Sahara, tout en encourageant la communauté internationale à concentrer ses efforts sur la négociation entre parties étatiques et reconnues.
Rédaction/JDN