Togo : mandats d’arrêt et nouvelles manifestations annoncées

Le bras de fer se durcit au Togo entre les autorités et les figures du Mouvement du 6 Juin (M6.6), à l’approche de nouvelles manifestations annoncées pour les 16 et 17 juillet.

Le gouvernement togolais a lancé plusieurs mandats d’arrêt contre des membres influents du mouvement du 6 juin (M6.6), principalement des artistes, blogueurs et activistes installés à l’étranger. Ces derniers sont accusés d’avoir orchestré, depuis le mois de juin, des campagnes appelant la jeunesse togolaise à se soulever contre le régime du président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005.

D’après un communiqué officiel, ces personnalités sont visées pour « incitation à la désobéissance civile », « diffusion de fausses informations » et « atteinte à la sécurité de l’État ». Les autorités dénoncent une « stratégie de manipulation orchestrée depuis l’extérieur » visant à déstabiliser le pays à travers les réseaux sociaux, devenus le principal canal de mobilisation du M6.6.

« L’État prendra toutes les mesures nécessaires pour faire respecter l’ordre public et protéger les institutions républicaines », a déclaré le ministre de la Sécurité, tout en affirmant que des dispositifs renforcés seraient déployés lors des jours de mobilisation à venir.

Sur le terrain, le climat reste tendu. Les récentes manifestations, parfois violemment réprimées, ont entraîné la mort de cinq personnes selon les autorités, et plusieurs dizaines de blessés selon des organisations de défense des droits humains. Face à ce bilan, des partis d’opposition et des mouvements citoyens ont décrété, à partir de ce vendredi 11 juillet, une série de journées de prière et de recueillement pour les victimes. Un deuil national de quatre jours a également été annoncé.

Malgré les menaces judiciaires et les mesures de sécurité annoncées, le Mouvement du 6 Juin ne semble pas faiblir. Depuis l’étranger, ses leaders continuent d’appeler à la mobilisation, dénonçant un régime « autoritaire et verrouillé » et exigeant des réformes politiques, notamment la limitation des mandats présidentiels et l’organisation d’élections libres et transparentes.

Analystes et observateurs s’accordent à dire que cette nouvelle vague de contestation, plus décentralisée et nourrie par la diaspora, pourrait marquer un tournant dans le paysage politique togolais, traditionnellement contrôlé d’une main ferme par le pouvoir en place.

Avec APA News

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