Beni : violences en série à Cantine, un corps calciné et plusieurs maisons pillées
L’agglomération de Cantine, située dans le territoire de Beni, au nord de la province du Nord-Kivu (Est de la RDC), a été le théâtre d’une nuit particulièrement violente entre le vendredi 4 et le samedi 5 juillet 2025. En quelques heures, une série d’actes criminels a semé la panique parmi les habitants.
Au petit matin, les résidents du bloc Hewa Bora ont découvert le corps calciné d’un jeune homme abandonné en pleine rue. La victime a été identifiée comme Mumbere Mundala Christophe, âgé d’environ 22 ans. Selon les premières informations recueillies par la société civile, le jeune homme aurait été abattu par des inconnus avant que son corps ne soit incendié. Les circonstances exactes du drame restent à élucider et aucune piste n’a encore été officiellement avancée.
La même nuit, un cambriolage de grande envergure a été perpétré au centre commercial de Cantine. Des malfaiteurs ont forcé l’accès au dépôt de produits agricoles de Monsieur Kamate Isaac, emportant 185,6 kilos de cacao ainsi qu’une somme estimée à 12 millions de francs congolais.
« Ils ont brisé les cadenas et vidé le magasin », a témoigné un membre de la société civile.
Dans le quartier Gbadolite, la maison de Monsieur Kambale Kivanuka a également été visitée. Une moto et deux téléphones portables y ont été dérobés. Un point de vente de proximité a aussi été pris pour cible par des inconnus.
Au bloc Mangalala, l’ambiance était tout aussi tendue. Une maison d’habitation a été incendiée par des individus accusant la famille qui y résidait d’abriter une prétendue sorcière. Pris de panique, les occupants ont fui, laissant derrière eux tous leurs biens consumés par les flammes.
Face à cette vague d’insécurité, la société civile de Baswagha-Lubena tire la sonnette d’alarme. Son président, Kambale Musubao Aliamini, exhorte les autorités à agir rapidement :
« Il est urgent de renforcer les dispositifs de sécurité, de diligenter des enquêtes et d’apporter un soutien concret aux familles touchées. La population doit également collaborer avec les forces de l’ordre pour restaurer la paix. »
Ces événements illustrent la dégradation continue de la situation sécuritaire à Cantine, une agglomération déjà marquée par de nombreuses années d’instabilité. En l’absence de mesures concrètes, les habitants restent sur le qui-vive, redoutant de nouvelles violences.
Gloire TSONGO/Ituri