Au Nord-Kivu, trois militants du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) font face à de graves menaces d’arrestation et de torture, après avoir dénoncé publiquement la présence et les agissements de l’armée ougandaise sur le sol congolais. Il s’agit de Shabani Loswire, Seth Tsongo et Kasma Jean-Pierre.
À l’origine de ces menaces : une lettre rendue publique le 10 juillet 2025, dans laquelle ces militants s’adressaient aux gouverneurs militaires des deux provinces placées sous état de siège, à savoir le Nord-Kivu et l’Ituri. Dans ce courrier, consulté par Journaldesnations.net, les trois membres de la LUCHA expriment leur indignation face aux exactions présumées des Forces de Défense du Peuple Ougandais (UPDF), déployées dans l’est de la RDC dans le cadre d’une coopération militaire censée éradiquer les rebelles des Forces Démocratiques Alliées (ADF).
Les activistes accusent la présence ougandaise de se solder par « des exactions et des abus contre les populations civiles », loin de remplir son objectif de neutralisation des ADF. Ils vont plus loin, évoquant « une complicité tacite » entre certains éléments de l’UPDF et des groupes armés locaux.
Ces dénonciations portent un coup dur à la légitimité de la mission conjointe FARDC-UPDF, dont les résultats sont de plus en plus contestés par des organisations de la société civile depuis son lancement en 2021.
Depuis la publication de leur lettre, les trois militants affirment être la cible de menaces persistantes émanant d’individus non identifiés, qu’ils soupçonnent être liés à des services de sécurité ou à des groupes proches du pouvoir. Ils redoutent une arrestation arbitraire, ainsi que d’éventuels actes de torture ou d’intimidation, pratiques malheureusement déjà observées à l’encontre d’autres activistes en RDC.
« Nos vies sont en danger pour avoir simplement exercé notre droit citoyen de dénoncer ce qui ne va pas dans notre pays », confie l’un des militants, sous anonymat.
Face à cette insécurité imminente, les militants appellent à la mobilisation urgente des organisations de défense des droits humains, tant nationales qu’internationales, afin d’assurer leur protection.
Ce nouveau cas de menace contre des militants pro-démocratie s’ajoute à une série d’alertes lancées par plusieurs ONG, qui dénoncent un rétrécissement préoccupant de l’espace civique en RDC, en particulier dans les provinces placées sous état de siège.
Djiress BALOKI/Nord-Kivu