La ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu, a commémoré ce samedi 2 août 2025 la Journée nationale du Génocost, un moment fort de mémoire, de recueillement et de dénonciation des atrocités subies par les populations congolaises.

Instituée par le gouvernement congolais, cette journée vise à rendre hommage aux millions de Congolais victimes des guerres, des massacres, du pillage des ressources naturelles et des agressions extérieures. À Beni, ville profondément meurtrie par des années de violences, notamment les attaques du groupe ADF, la mobilisation a été marquante.

Les activités ont débuté par une messe dans une paroisse catholique, suivie d’un moment de recueillement au cimetière de Masiani, dans la commune de Mulekera. Autorités locales, citoyens et membres de la société civile se sont rassemblés autour du mausolée des victimes pour honorer leur mémoire, prier et procéder symboliquement au nettoyage du site.
Le maire de la ville, le Commissaire Supérieur Principal Nyofondo Te Kodale Jacob, était présent à la cérémonie aux côtés de Kasereka Somo Evariste, représentant du gouverneur militaire, ainsi que plusieurs leaders religieux et militants des mouvements citoyens venus de Beni et Butembo.
Réflexion autour de la mémoire et de la justice
Une conférence-débat s’est tenue dans la salle Vihum, où les discussions ont porté sur la mémoire collective, la justice réparatrice et la cohésion nationale. Pour Maître Pépin Kavotha, président de la société civile de Beni, cette journée est un rappel fort adressé au monde entier :
« Depuis 1998, et même avant, nous vivons ici à l’Est un théâtre de tueries et de pillages. Le 2 août est l’occasion de dire non à cette exploitation, non aux tueries de l’ADF et du M23, et à l’agression rwandaise« .
Il appelle la communauté internationale à ne pas rester indifférente : « Les Congolais continuent d’être massacrés. Il faut que justice soit rendue : pour Beni, pour Goma, pour l’Ituri« .
À l’occasion de cette journée, le Collectif des Victimes des Agressions Rwandaises (CVAR) a rendu public un rapport couvrant la période de juillet 2022 à juillet 2025. Le document recense de nombreuses violations graves des droits humains imputées à l’AFC-M23.
« Ce rapport est plus qu’un document. C’est une trace de mémoire, une plainte silencieuse mais puissante des victimes oubliées », peut-on lire dans la déclaration du collectif.
Le CVAR appelle les institutions congolaises et internationales à prendre conscience de l’ampleur des atrocités commises et à agir de manière concrète.
« Un peuple qui oublie son histoire est voué à disparaître », rappelle le rapport.
Gloire TSONGO/Beni