Dans un communiqué publié ce mercredi 6 août 2025, la section de la République Démocratique du Congo de l’Union internationale de la presse francophone (UPF-RDC) a condamné avec la plus grande fermeté l’assassinat du journaliste Wilondja Mazambi Fiston et exigé l’ouverture d’une enquête sérieuse et indépendante.
Âgé d’environ 30 ans, Wilondja Mazambi Fiston, de nationalité congolaise, exerçait au sein de la Centrale de Monitoring des Médias, un programme de veille éthique et déontologique de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), basé à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu.
« L’UPF-RDC a appris avec consternation et profonde indignation l’assassinat du journaliste Wilondja Mazambi Fiston, survenu à Bukavu, province du Sud-Kivu, actuellement sous le contrôle de la coalition AFC-M23 soutenue par le Rwanda », indique le communiqué consulté par journaldesnations.net.
Les journalistes francophones de la RDC qualifient cet acte de « crime odieux » qui constitue non seulement une grave atteinte à la liberté d’exercer le journalisme dans les zones de conflit armé, mais également une menace directe contre le droit fondamental des citoyens à l’information.
L’UPF-RDC affirme rester mobilisée et déterminée à suivre de près l’évolution de la situation jusqu’à l’aboutissement de l’enquête, et formule trois recommandations majeures :
- Condamnation ferme : L’UPF-RDC dénonce avec véhémence cet assassinat lâche et présente ses condoléances les plus émues à la famille biologique du défunt, à ses proches, ainsi qu’à toute la corporation journalistique congolaise ;
- Exigence de justice : L’organisation appelle à l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante et crédible en vue d’identifier les auteurs, les commanditaires et les complices de ce crime, afin de les traduire en justice ;
- Sécurité des journalistes : L’UPF-RDC exhorte les autorités compétentes à garantir la sécurité de tous les journalistes, en particulier ceux qui travaillent dans des zones en conflit, où ils accomplissent leur mission au péril de leur vie.
Une mort atroce dans un contexte d’insécurité généralisée
Selon des informations confirmées par Journaliste en danger (JED), Wilondja Mazambi a succombé à de graves tortures. Son corps a été retrouvé tôt le matin du mardi 5 août 2025, gisant dans une mare de sang, une corde nouée autour du cou.
Des sources locales indiquent qu’il avait été enlevé la veille vers 18 heures par un « commando armé » près de la place Mulamba, dans le quartier Nguba, non loin de son domicile. Il a été conduit en urgence à l’hôpital général de Bukavu par des passants, mais est décédé dès son arrivée aux urgences.
Cet assassinat vient rappeler le climat d’extrême vulnérabilité dans lequel exercent les journalistes dans l’est de la RDC, notamment dans les zones sous occupation de groupes armés.
La section RDC de l’UPF compte environ 200 membres répartis sur toute l’étendue du pays avec une grande concentration à Kinshasa.

Christiane EKAMBO