« La souveraineté ne se discute pas » : Félix Tshisekedi appelle les Congolais à la mobilisation face à l’agression rwandaise

Félix Tshisekedi, président de la RDC devant la presse à Kinshasa

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, s’est adressé à la presse ce mercredi à Kinshasa au cours d’une conférence de presse marquée par un ton grave et patriotique, dans un contexte de crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays.

Face aux journalistes, le chef de l’État a lancé un appel appuyé à la mobilisation nationale contre ce qu’il qualifie « d’agression barbare et injuste » dont la RDC est victime. Il a exhorté les médias à jouer un rôle actif dans l’éveil de la conscience nationale.

« Tout ce que je vous demande, à vous mesdames et messieurs de la presse, c’est d’aider notre pays, d’aider ceux qui le gouvernent, par vos informations, à édifier l’opinion de nos compatriotes », a déclaré Félix Tshisekedi.

Le président congolais s’est dit préoccupé par l’attitude de certains citoyens qu’il estime trop passifs face à la situation sécuritaire.

« J’ai comme l’impression que dans cette crise, beaucoup de nos compatriotes sont spectateurs. On dirait qu’ils attendent de voir l’issue, or cette issue risque d’être fatale pour eux », a-t-il averti.

Évoquant les territoires occupés par les rebelles, le chef de l’État a dénoncé des tentatives d’« institutionnalisation de la partition » du pays.

« Au moment où je vous parle, ces agresseurs se comportent dans les territoires qu’ils occupent comme s’ils étaient dans leur pays. Ils changent les chefs coutumiers, imposent les leurs, mettent leur police et tentent d’institutionnaliser cette partition », a-t-il affirmé.

Tout en saluant les efforts diplomatiques et les sanctions internationales, notamment celles soutenues par les États-Unis et le Qatar, Félix Tshisekedi a prévenu que l’option militaire restait envisageable.

« Rien n’est exclu. Nous pouvons tout aussi bien retomber encore dans la guerre », a-t-il déclaré.

Le président a insisté sur la nécessité d’une mobilisation générale autour de la défense de la souveraineté nationale.

« Ne restons pas distraits. Il s’agit ici de notre souveraineté et cela ne s’échange pas, cela ne se discute pas », a martelé le chef de l’État.

Dans son adresse, Félix Tshisekedi a également interpellé directement les professionnels des médias, qu’il a appelés à faire preuve de patriotisme.

« La souveraineté ne doit pas être bradée. Nous devons en être jaloux. Personne ne doit oser y toucher. Vous avez cette responsabilité, vous les journalistes, de devenir des patriotes », a-t-il insisté.

Le président a estimé que cet engagement patriotique ne contrevient pas aux règles déontologiques du métier de journaliste.

« Vous êtes d’abord et avant tout des Congolaises et des Congolais. Vous devez travailler dans le sens d’éveiller la conscience de nos compatriotes », a-t-il ajouté.

Avant de clore son intervention, Félix Tshisekedi a annoncé son intention de renouveler ce type d’échange avec la presse.

« Cet exercice, je souhaite également le rééditer et, croyez-moi, nous allons le rééditer cette année encore si c’est possible », a-t-il promis.

Dans une note plus détendue, le chef de l’État a terminé son allocution avec une touche d’humour en évoquant un match de football impliquant son « équipe de cœur ».

« Je vais rester peut-être quelques minutes avec vous parce que mon équipe de cœur joue ce soir », a-t-il lancé sous les sourires de l’assistance.

Christiane EKAMBO

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