Le rapport annuel « État mondial de la démocratie 2025 », publié par l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (IDEA), révèle que le Maroc s’est classé 107ᵉ à l’échelle mondiale et 19ᵉ en Afrique, sur un total de 173 pays, avec un score global de 0,531 point. Plus une note se rapproche de 1, plus elle traduit un niveau démocratique élevé.
Ce rapport, reconnu comme une référence internationale dans le suivi des indicateurs de gouvernance démocratique depuis la création de l’IDEA en 1995, place le Maroc dans la catégorie des pays à démocratie fragile, en raison de faiblesses notables sur certains volets fondamentaux, en particulier la représentativité et l’État de droit.
Sur le plan de la représentativité, le Maroc occupe la 107ᵉ place mondiale, avec un score de 0,432 point, ce qui illustre la faible efficacité de ses institutions élues, tandis que sur le plan des droits fondamentaux, le pays se situe à la 77ᵉ position, avec 0,509 point. Classé 107ᵉ, le pays demeure en difficulté en ce qui concerne l’État de droit, avec un score de 0,396 point.
Concernant la participation politique, le Maroc se positionne 96ᵉ au niveau mondial, avec 0,531 point, un résultat qui traduit la nécessité pressante d’élargir et de dynamiser la participation citoyenne dans le processus politique.
Sur le plan africain, le Royaume figure 19ᵉ sur le continent, devançant ses voisins du Maghreb : Tunisie (112ᵉ), Mauritanie (114ᵉ), Algérie (117ᵉ) et Libye (151ᵉ). Toutefois, il reste derrière certaines démocraties africaines plus avancées, comme le Cap-Vert (1ᵉʳ en Afrique et 34ᵉ mondial), l’Afrique du Sud (43ᵉ), le Ghana (48ᵉ) et l’île Maurice (52ᵉ).
Dans le monde arabe, le Maroc occupe le 4ᵉ rang, derrière l’Irak (97ᵉ mondial), la Jordanie (102ᵉ) et le Liban (105ᵉ). Une position qui traduit une avance relative dans la région, mais qui confirme également que le pays reste éloigné des premiers rangs mondiaux, nécessitant un effort accru pour consolider les institutions représentatives et l’État de droit.
À l’échelle internationale, l’Allemagne domine le classement, suivie du Danemark et de la Norvège. La Costa Rica se hisse au 4ᵉ rang et le Chili au 5ᵉ. À l’autre extrême, les derniers rangs sont occupés par l’Afghanistan, le Koweït, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Somalie, le Soudan, la Syrie, les Émirats arabes unis et le Yémen.
Le rapport note par ailleurs qu’au cours des cinq dernières années, plus de la moitié des pays évalués ont connu un recul dans au moins un domaine de performance démocratique, signe de défis généralisés auxquels sont confrontées les institutions démocratiques dans le monde, indépendamment des zones géographiques.
La publication met également en lumière l’impact de la migration mondiale sur la démocratie, soulignant que plus de 304 millions de personnes vivent actuellement hors de leur pays d’origine. Une réalité qui pose des interrogations cruciales sur l’appartenance, les droits et la participation politique.
Dans cette perspective, le rapport recommande de renforcer les droits de vote des citoyens établis à l’étranger et de favoriser l’inclusion, tout en avertissant contre la persistance d’un faible taux de participation et l’inefficacité de certaines politiques publiques.
Bien qu’en tête des pays du Maghreb, le Maroc n’a pas encore réussi à accomplir un véritable saut qualitatif sur l’échelle mondiale de la démocratie. La représentativité et l’État de droit demeurent ses principaux points faibles, tandis que les droits fondamentaux et la participation politique enregistrent des résultats intermédiaires.
En conclusion, le rapport souligne que la situation actuelle reflète davantage une stabilité limitée qu’un véritable progrès, et insiste sur la nécessité de réformes institutionnelles profondes. Celles-ci devraient viser à consolider l’indépendance de la justice, améliorer l’efficacité du Parlement et garantir la liberté de la presse, afin de permettre aux citoyens d’exercer pleinement et efficacement leurs droits.
Avec Hespress