De Rio à Belém : Julien Paluku retrace trente ans de combat climatique mondial

Julien Paluku Kahonghya, ministre congolais du Commerce EXtérieur

À la veille de l’ouverture de la COP30, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a livré une réflexion sur l’évolution des conférences climatiques depuis la première réunion de Berlin en 1995 jusqu’à celle de Belém. Pour lui, ces trente années traduisent à la fois la prise de conscience progressive et les limites d’une action collective encore fragile face à la gravité du dérèglement climatique.

Revenant sur l’histoire des négociations internationales, Julien Paluku rappelle que tout a commencé en 1992 lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, qui avait réuni 178 pays.
De cette rencontre est née la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), texte fondateur qui introduisait déjà le principe du “pollueur-payeur”, selon lequel ceux qui dégradent l’environnement doivent en assumer les conséquences.

« J’étais encore étudiant, et les débats sur cette convention suscitaient déjà des passions », confie le ministre, soulignant que c’est de ce sommet que découle la tenue des différentes COP (Conférences des Parties), devenues depuis les rendez-vous annuels incontournables de la gouvernance climatique mondiale.

Pour Julien Paluku, la COP1 de Berlin en 1995 marque le début d’un parcours de trente ans jalonné de promesses, d’accords et parfois de désillusions.
« Le but de ces rencontres, explique-t-il, est de veiller à ce que les gaz à effet de serre n’atteignent pas un niveau dangereux pour la planète ».

Il rappelle également l’injustice climatique criante : l’Afrique ne produit que 3 à 4 % des émissions mondiales, mais reste le continent le plus touché par les effets du changement climatique, sécheresses, inondations, pertes agricoles et migrations climatiques.
En revanche, les pays industrialisés comme la Chine, les États-Unis ou ceux de l’Union européenne sont responsables de près de 97 % des émissions.

Selon le ministre congolais, la COP3 de Kyoto (1997) marque une étape clé avec le premier accord contraignant : le Protocole de Kyoto, qui fixait des objectifs chiffrés de réduction des émissions.
La COP21 de Paris (2015), quant à elle, a établi la limite symbolique de 1,5 °C de réchauffement à ne pas franchir, faute de quoi « la catastrophe deviendrait inévitable ».

Julien Paluku avertit : « Sans mesures concrètes, le monde s’expose à la sécheresse, aux tempêtes, aux feux de forêt et à la montée du niveau des mers qui menace déjà les petits États insulaires ».

Même si les COP ne prévoient pas de sanctions juridiques, le ministre note qu’un pays peut être publiquement désigné comme “mauvais élève du climat”, ce qui a des répercussions diplomatiques et économiques.
« L’honneur d’un État, son accès aux marchés et aux fonds internationaux peuvent être compromis s’il ignore ses promesses », explique-t-il.

Alors que les dirigeants du monde se retrouvent à Belém, en pleine forêt amazonienne, Julien Paluku insiste sur la portée symbolique de cette édition.
« Les chefs d’État ne sont pas là pour une promenade de santé. Ils évaluent les engagements pris, identifient les pollueurs et tracent les lignes rouges à ne pas franchir », déclare-t-il.

Le ministre souligne aussi le rôle central des forêts tropicales du Brésil et de la RDC, qualifiées de “poumons du monde”.

« Nos forêts absorbent le CO₂, produisent l’oxygène et régulent le cycle de l’eau. C’est pourquoi la RDC et le Brésil sont considérés comme des pays solution. Tout n’est pas politique », conclut-il.

Journal des Nations/ Tribune du ministre Julien Paluku, publiée le 9 novembre 2025

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