Chaque 11 novembre, le monde célèbre la Journée internationale des célibataires, une date symbolique qui invite à réfléchir sur la place des personnes non mariées dans la société et sur les pressions sociales auxquelles elles sont souvent confrontées. À Beni, dans la province du Nord-Kivu, plusieurs voix se sont élevées pour aborder cette réalité encore mal comprise.
Le professeur Muhesi Mbamba, pasteur retraité et doyen de la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation à Open Learning University (OPENLU) Beni, met en garde contre les conséquences psychologiques de la pression exercée sur les jeunes pour qu’ils se marient.
« Forcer un jeune à se marier peut avoir des répercussions négatives. L’homme ne veut pas être bousculé. Il faut d’abord comprendre ses raisons et l’amener, par la sensibilisation et les conseils, à envisager le mariage de manière responsable », a-t-il déclaré à Journal des Nations.
Pour ce psychologue, le mariage ne doit pas être une contrainte imposée par la famille ou la société.
« Beaucoup de jeunes refusent de se marier non pas par rébellion, mais parce qu’ils ne se sentent pas encore prêts financièrement ou psychologiquement. Les parents doivent les accompagner, non les contraindre », ajoute-t-il.
Le professeur Mbamba invite également les familles à préparer leurs enfants à la vie conjugale dès le bas âge, à travers l’éducation, le dialogue et le bon exemple. Selon lui, les couples mariés ont un rôle essentiel à jouer : « Les mariés eux-mêmes doivent témoigner du bien-fondé du mariage, car la peur naît souvent de ce que les jeunes observent autour d’eux ».
Du côté des jeunes interrogés à Beni, les motivations du célibat sont diverses.
Pour Olivier Benga, 25 ans, il s’agit d’un choix réfléchi : « Mon célibat est lié à mes projets personnels. Je veux d’abord atteindre certains objectifs avant de me marier. Chacun a son temps, et je préfère avancer étape par étape ».
Même son de cloche pour Dany, 26 ans, étudiant à l’université : « Pour moi, le moment viendra. Je reste concentré sur mes études. Si mon petit frère se marie avant moi, je lui souhaiterai bonne chance. Être célibataire ne me dérange pas ».
Au-delà des préjugés, cette journée rappelle que le célibat peut être un temps de préparation et d’épanouissement personnel, et non une faiblesse.
Dans une société où la réussite est souvent associée au mariage, de plus en plus de jeunes revendiquent la liberté de choisir leur rythme de vie.
Gloire Tsongo, depuis Beni