Scandale à Tshikapa : un financement de 400 000 USD sans trace, le Gouverneur s’indigne

La décision de suspendre toutes les opérations d’atterrissage à l’aéroport national de Tshikapa, annoncée ce samedi 22 novembre 2025 par le Gouverneur Crispin Mukendi Bukasa, a ravivé un scandale latent autour des travaux de modernisation de cette infrastructure stratégique.

Après une descente urgente sur la piste, fortement dégradée par les récentes pluies, le Gouverneur a confirmé que l’aéroport ne peut plus accueillir aucun aéronef. Mais au-delà du risque sécuritaire, c’est surtout l’opacité autour d’un financement de 400 000 dollars américains qui suscite la controverse.

« Il y a une année, une entreprise a signé un contrat pour moderniser l’aéroport de Tshikapa. Un acompte de 400 000 dollars a été payé. Mais jusqu’à aujourd’hui, absolument rien n’a commencé. Sur le terrain, on ne voit qu’une simple clôture : aucun engin, aucun responsable, aucune activité. Nous voulons savoir à quoi a servi cet argent », a dénoncé le Gouverneur Mukendi, manifestement indigné.

Cette déclaration fait écho aux alertes précédentes du sénateur Joseph Ngalamulume, qui avait déjà dénoncé un possible détournement des fonds alloués à la modernisation de l’aéroport, notamment pour l’installation du sentier devant servir aux travaux.

Le constat dressé par l’autorité provinciale vient ainsi renforcer les accusations portées par certains élus nationaux, dont le sénateur Ngalamulume, qui soupçonnent un détournement ou une mauvaise gestion de l’enveloppe débloquée.

Un an après la signature du contrat, aucun acte concret n’a été posé par l’entreprise bénéficiaire du financement, ce qui alimente davantage les soupçons et plonge le projet dans un flou total. Une situation d’autant plus préoccupante que la modernisation de l’aéroport est cruciale pour le désenclavement de la province.

Face à ce qu’il qualifie de « manquement grave », le Gouverneur a exigé l’ouverture immédiate du chantier ainsi que des explications transparentes sur l’utilisation des 400 000 dollars.

« En tant qu’autorité provinciale, je n’accepterai plus aucun retard inexpliqué. Nous devons rendre des comptes à notre population et au Chef de l’État. Cet argent ne peut pas disparaître sans justification », a-t-il martelé.

Avec la piste désormais inutilisable, Tshikapa se retrouve temporairement coupée du trafic aérien, un coup dur pour les activités économiques, médicales et administratives. Une situation qui accentue l’indignation autour de la gestion du projet de modernisation de l’aéroport.

Marcel MBOMBO/Kasaï

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