RDC : au moins 75 civils tués en octobre dans les territoires de Mambasa, Lubero et Irumu

Dans l’Est de la République Démocratique du Congo, les violences attribuées aux rebelles ougandais des ADF (Forces démocratiques alliées) ont atteint un niveau alarmant au mois d’octobre 2025. Selon les données compilées par le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST) de l’Institut congolais de recherche Ebuteli, 19 incidents sécuritaires ont été enregistrés dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.


Ces incidents concernent principalement 11 cas à Lubero, 6 à Mambasa et 2 à Irumu, causant la mort d’au moins 75 civils. Jusqu’ici, les ADF évitaient généralement les affrontements directs avec la coalition FARDC–UPDF, engagée depuis fin 2021 dans les opérations conjointes Shujaa visant ce groupe qualifié de terroriste par les autorités congolaises.


Cependant, en octobre, le groupe affilié à l’État islamique depuis 2017 a adopté une posture nettement plus offensive, peut-on lire dans le rapport du KST parvenu à Journaldesnations.net. Les ADF ont notamment mené deux attaques contre les forces FARDC–UPDF, ainsi que deux autres contre les jeunes patriotes “Wazalendo”, engagés aux côtés de l’armée.


Malgré cette intensification des hostilités contre les forces loyalistes, les ADF ont poursuivi leurs représailles contre les populations civiles, surtout dans les territoires de Beni, Irumu et Lubero. Ces violences visent soit à punir les communautés perçues comme favorables aux opérations militaires, soit à se réapprovisionner.


Le territoire de Mambasa a, quant à lui, enregistré moins de massacres en octobre. Néanmoins, plusieurs survivants et anciens otages rapportent que les rebelles y ont imposé des collectes forcées de taxes, signe d’une adaptation tactique de leur implantation locale.


Dans la nuit du 22 au 23 octobre, la coalition FARDC–UPDF a mené des frappes contre des positions ADF au nord du village de Lolwa. Celles-ci ont forcé les combattants à se replier temporairement vers le territoire d’Irumu, dans la zone de Komanda, où ils ont ensuite commis de nouvelles exactions contre des civils.


Avec 72 morts civils, dont 70 attribués directement aux ADF, le territoire de Lubero demeure le plus meurtri durant cette période. Les attaques ont touché plusieurs localités : Rizerie (5 morts), Itembo (3), Mukondo (19), Manguredjipa (11), Gwado (7), Mangea (3), Pethema (17), et Malewe (5).


Le mois de novembre s’est également avéré particulièrement sanglant dans le territoire de Lubero. Dans un communiqué publié vendredi dernier, la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a fait état d’au moins 89 civils massacrés entre le 13 et le 19 novembre 2025 dans le secteur de Bapere et la chefferie de Baswagha. Les ADF sont une nouvelle fois accusés, laissant derrière eux d’importants dégâts matériels, notamment l’incendie du centre de santé de Biambwe, situé à plusieurs dizaines de kilomètres à l’ouest de la ville commerciale de Butembo.

Djiress BALOKI/ Nord-Kivu

Laisser un commentaire