Au Nord-Kivu, et particulièrement dans la région de Beni, la dégradation des sols devient un problème croissant, malgré la richesse et la diversité de cette ressource naturelle. À l’occasion de la Journée mondiale du sol, célébrée chaque 5 décembre, Job Esombo, doctorant et enseignant en sciences agronomiques à l’Open Learning University Beni, appelle à une gestion plus responsable des terres et à la formation des agriculteurs.
Selon l’expert, cette journée vise à sensibiliser la population à l’importance du sol, une ressource naturelle essentielle pour l’agriculture et la vie en général. Il rappelle que la protection du sol ne consiste pas seulement à le cultiver, mais exige également de comprendre sa nature et d’adopter de bonnes pratiques agricoles.
La région de Beni dispose de sols diversifiés, argileux, argilo-sablonneux et volcaniques parmi les plus fertiles du pays. Cette diversité représente un atout majeur pour la production agricole. Cependant, Job Esombo souligne que ces richesses restent sous-exploitées en raison de pratiques agricoles traditionnelles et du manque de sensibilisation des agriculteurs.
« Nous avons différents types de sols, et c’est une richesse parce qu’elle permet de pratiquer plusieurs cultures », explique-t-il, précisant que la qualité du sol n’est pas le principal problème : c’est l’exploitation humaine qui en limite le potentiel.
Selon le spécialiste, la dégradation des sols à Beni est principalement liée aux activités humaines : déforestation, surpâturage, urbanisation anarchique et pratiques agricoles non durables. L’exposition des sols à la pluie directe favorise l’érosion, tandis que l’urbanisation non planifiée fragilise davantage l’écosystème.
Job Esombo insiste : « Dans toutes les causes de dégradation, l’acteur principal, c’est l’homme ».
Autrement dit, la solution passe nécessairement par une meilleure éducation et un encadrement des acteurs locaux.
Pour inverser cette tendance, l’enseignant plaide pour la formation des agriculteurs et l’adoption de pratiques agricoles durables. Il recommande notamment la rotation des cultures (assolement), la jachère pour permettre au sol de se reposer, ainsi que des techniques de lutte contre l’érosion.
Ces méthodes permettent non seulement de préserver la fertilité des terres, mais aussi d’augmenter la productivité agricole à long terme. Job Esombo rappelle que la sensibilisation et l’encadrement technique des agriculteurs sont indispensables pour protéger cette ressource stratégique.
Si la région bénéficie de sols riches et variés, la pression humaine et le manque de formation exposent ces terres à une dégradation accélérée. La Journée mondiale du sol à Beni sert ainsi de rappel : il est urgent d’investir dans la formation agricole et dans la gestion durable des sols pour garantir la sécurité alimentaire et soutenir le développement économique local.
Gloire TSONGO/ Beni