La République Démocratique du Congo vient de franchir une étape significative dans son ambition de devenir un acteur clé de l’industrialisation africaine. Réunie à Luanda, en Angola, du 26 au 28 novembre 2025, l’Africa Economic Zones Organization (AEZO) a porté son choix sur la RDC pour accueillir son Assemblée générale prévue en 2026, offrant ainsi à Kinshasa une visibilité continentale inédite.

Cette décision n’est pas le fruit du hasard. Elle intervient au terme d’un travail de fond conduit par l’Agence des Zones Économiques Spéciales (AZES), sous la direction de son directeur général, Auguy Bolanda Menga Momene. À Luanda, la délégation congolaise a défendu, arguments à l’appui, la transformation en cours du paysage industriel national et la volonté du pays de faire des ZES un levier central de son développement économique.
En confiant l’organisation de son rendez-vous annuel à Kinshasa, l’AEZO envoie un signal fort : la RDC n’est plus perçue uniquement comme un réservoir de matières premières, mais comme un pays engagé dans une démarche structurée de valorisation industrielle. Ce choix, opéré à l’occasion du dixième anniversaire de l’organisation panafricaine, traduit une reconnaissance des réformes engagées et des perspectives qu’offre le modèle congolais des zones économiques spéciales.
Au-delà du plaidoyer institutionnel, la mission congolaise a été marquée par des avancées concrètes. Un accord stratégique a notamment été conclu avec Tanger Med, plateforme logistique et industrielle de référence sur le continent. Cette coopération vise à renforcer l’expertise technique, la gouvernance et l’attractivité des ZES congolaises, dans une logique de transfert d’expérience et de montée en compétitivité.
Sur le plan national, cette percée s’inscrit dans la vision des autorités congolaises, qui ont fait de l’industrialisation un axe prioritaire de la politique économique, à travers le Plan Directeur d’Industrialisation. Elle met également en lumière le rôle joué par Auguy Bolanda, dont la gestion de l’AZES est de plus en plus citée comme un exemple de pilotage stratégique aligné sur les standards régionaux.
Autre évolution notable : l’intégration de la RDC au Comité exécutif de l’AEZO. Cette position permet désormais au pays de participer directement aux orientations et aux décisions majeures concernant l’avenir des zones économiques spéciales en Afrique.
Créée en 2015 à Tanger, l’AEZO fédère aujourd’hui plus d’une centaine d’institutions issues de 50 pays africains. Elle agit comme un cadre de concertation et d’appui technique, en partenariat avec l’Union africaine et plusieurs organisations internationales, notamment l’ONUDI et la CNUCED, afin d’accélérer l’industrialisation du continent.
L’accueil de l’Assemblée générale de 2026 place ainsi Kinshasa au centre des débats africains sur la transformation économique. Pour la RDC, le défi est désormais clair : transformer cette reconnaissance politique et institutionnelle en résultats tangibles, capables de faire des ZES congolaises un modèle crédible et durable.
À un an de l’échéance, les attentes sont élevées. Et en 2026, Kinshasa ne sera pas seulement une ville hôte : elle sera observée comme un test grandeur nature des ambitions industrielles congolaises.
Rédaction/JDN