Patrick Muyaya met en garde contre la précarité et l’anarchie dans le secteur médiatique

Patrick Muyaya, ministre de la communication et médias en RDC, (au centre)

Lors de la session de décembre du Comité de suivi des recommandations des États généraux de la Communication et Médias, le ministre Patrick Muyaya Katembwe a tenu un discours sans détour sur les dérives qui fragilisent encore le paysage médiatique congolais, notamment la précarité des journalistes et l’absence de normes professionnelles dans certains organes de presse.

Trois ans après ces assises historiques de janvier 2022, le constat reste mitigé : si 53 % des recommandations ont été mises en œuvre, de nombreux défis structurels persistent. Pour le ministre, l’assainissement du secteur passe avant tout par la fin de pratiques jugées inacceptables.

« Il est inadmissible d’employer des journalistes sans les rémunérer pendant des mois, tout comme il est inacceptable de prétendre exercer une activité médiatique sans disposer du minimum technique requis », a-t-il martelé. Et de préciser : « La relance du processus de salubrité médiatique vise ainsi à professionnaliser le secteur et à garantir des conditions de travail décentes, et non à restreindre la liberté de la presse ».

Patrick Muyaya a également réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur de la sécurité des journalistes et de la dépénalisation des délits de presse. Désormais, le droit de réponse et de rectification est consacré comme préalable à toute poursuite judiciaire, une avancée destinée à réduire les abus et à renforcer la protection des professionnels des médias.

Concernant les zones sous occupation où des violations de la liberté de la presse sont signalées, le ministre a assuré que le gouvernement poursuivra sa collaboration avec les organisations professionnelles et de défense des journalistes afin de documenter les cas, alerter l’opinion et rechercher des sanctions ainsi que des réparations pour les victimes.

Enfin, Patrick Muyaya a mis en avant la redevabilité comme pilier de la communication gouvernementale, à travers les briefings réguliers, conçus pour rapprocher les journalistes des sources officielles et lutter contre la désinformation.

Si des avancées sont reconnues, le message du ministre est clair : sans éthique professionnelle, sans salubrité médiatique et sans respect des droits des journalistes, aucune réforme durable du secteur ne sera possible.

Christiane EKAMBO

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