À Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, les habitants de la colline Kélé, qui regroupe les communes de Mabondo et Mbumba, vivent depuis près de six ans sans accès à l’eau potable.
Fatigués par les promesses non tenues du gouvernement provincial, ils expriment leur amertume face à une situation qui met en péril leur santé et leur dignité.
À l’origine de cette pénurie prolongée se trouve l’effondrement du pont sur la rivière Kasaï, infrastructure qui supportait les principales conduites de la Régie des eaux. Depuis cet incident, l’approvisionnement en eau traitée n’a jamais été rétabli dans cette partie de la ville, contraignant les habitants à recourir à des sources alternatives aux lourdes conséquences sanitaires.
Les résidents de la colline Kélé s’approvisionnent désormais dans des puits traditionnels et des cours d’eau non aménagés, exposant la population à des maladies hydriques.
« C’est depuis 2020 que l’effondrement du pont a entraîné la coupure de l’eau à Kélé. Depuis près d’un mois, nous enregistrons une recrudescence des cas de diarrhée, de typhoïde et d’autres maladies liées à la consommation d’eau non potable », explique un infirmier d’un centre de santé local.
Face à cette urgence, les autorités provinciales avaient annoncé la construction d’une passerelle destinée à permettre le passage des conduites d’eau. En mai 2025, le gouverneur Crispin Mukendi avait affirmé que les travaux étaient exécutés à 95 %.
Mais sur le terrain, la réalité reste inchangée. Plus de six mois après cette annonce, l’eau potable de la Régie des eaux n’a toujours pas atteint la colline Kélé.
Pour la population, la solution technique existe déjà, comme le prouvent les travaux réalisés sur la nouvelle passerelle. Ce qui fait défaut, selon elle, c’est la volonté politique et l’engagement ferme pour finaliser ce projet vital.
« Sans eau potable, aucun progrès n’est possible en matière de santé, d’éducation ou d’économie », insiste une mère de famille.
Marcel MBOMBO