Lualaba : reprise des activités académiques au Centre universitaire de Kasaji

Les activités académiques ont repris ce jeudi 15 janvier 2025 au Centre universitaire de Kasaji, dans la province du Lualaba, mettant fin à plusieurs jours de tension marqués par des manifestations d’étudiants et de parents. Cette accalmie fait suite à l’implication directe de la gouverneure de province, Fifi Masuka Saini, dans une crise née de l’annonce de la fermeture du centre.

À l’origine de la contestation figurait une décision attribuée au recteur de l’Université de Kolwezi (UNIKOL), le professeur Yvon Mwenge Muhongo, visant à mettre un terme aux activités de cet établissement universitaire délocalisé. Cette annonce avait suscité une vive inquiétude au sein de la communauté estudiantine et des familles, préoccupées par l’avenir académique de leurs enfants.

Selon le président des étudiants du Centre universitaire de Kasaji, Isaac Tshikund Yuk, la reprise des cours est intervenue à la suite d’un appel au calme lancé par la cheffe de l’exécutif provincial, qui a rassuré les étudiants quant à la recherche d’une solution rapide et durable.

« Nous avons repris les cours sur instruction de la gouverneure. Elle nous a garanti qu’une solution sera trouvée dans un bref délai », a-t-il déclaré.

Parmi les engagements pris, la gouverneure Fifi Masuka a annoncé l’envoi imminent d’une mission d’évaluation à Kasaji, chargée d’examiner la viabilité, les capacités académiques et les infrastructures du centre universitaire. Une initiative favorablement accueillie par les étudiants, qui y voient une reconnaissance de la légitimité de leurs revendications.

Au cœur de celles-ci figure l’autonomisation du Centre universitaire de Kasaji, avec pour objectif sa transformation en université à part entière. Les étudiants estiment cette demande fondée au regard de l’ancienneté de l’institution et de son rayonnement régional.

« Le centre existe depuis plus de vingt ans. Nous en sommes à la 20ᵉ promotion, avec près de 500 étudiants provenant de plusieurs territoires, notamment Dilolo, Sandoa, Kapanga, et même de Kolwezi », a rappelé leur représentant.

Les étudiants rejettent par ailleurs la proposition du rectorat de l’UNIKOL les invitant à poursuivre leurs études à Kolwezi, une ville où le coût de la vie est jugé trop élevé. Une option difficilement envisageable pour nombre d’entre eux, déjà engagés dans des activités socio-économiques locales.

« Certains étudiants travaillent ici, notamment à la mairie ou dans l’agriculture. Aller à Kolwezi compromettrait leur survie », a expliqué Isaac Tshikund Yuk.

Tout en saluant l’implication des autorités provinciales et des acteurs locaux dans le retour au calme, les étudiants du Centre universitaire de Kasaji disent désormais attendre des actes concrets, afin de garantir la pérennité académique de leur institution et la continuité de leur formation.

Guillaume MABALA

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