Libreville accueille, depuis mardi 21 janvier 2026, la première édition de la Conférence internationale de la presse francophone (CIPREF), placée sous le thème : « L’IA et son impact sur les médias ». Lors de la deuxième journée des travaux, la Directrice générale du média journaldesnations.net, Madame Christiane Munoki Ekambo, a livré un exposé remarqué sur le thème : « Le journalisme de demain : nouvelles compétences, nouveaux métiers, nouveaux horizons ? ».
Intervenant ce mercredi 22 janvier dans le cadre d’une conférence-débat animée aux côtés d’Olivier Piot, journaliste français, grand reporter et spécialiste de l’Afrique et du Moyen-Orient, Christiane Munoki Ekambo a dressé un constat clair : le journalisme traverse aujourd’hui l’une des mutations les plus profondes de son histoire.
Selon la conférencière, l’intelligence artificielle, la transformation numérique et l’évolution des usages de l’information ont profondément redéfini les pratiques médiatiques. Désormais, l’information ne se limite plus à être rapportée : elle doit être vérifiée en temps réel, orchestrée sur plusieurs plateformes et incarnée sur de nouveaux terrains numériques.
Déjà présente dans les rédactions, l’IA intervient dans la rédaction automatisée de contenus simples, la traduction instantanée, l’analyse de données massives, le fact-checking ou encore la personnalisation de l’information. Toutefois, a-t-elle souligné, ces outils ne sauraient remplacer l’esprit critique, l’éthique et la responsabilité du journaliste.
Vers un journalisme plus polyvalent
Face à des publics plus exigeants, connectés et en quête d’informations fiables, rapides et accessibles, le journaliste de demain devra développer un profil résolument polyvalent. Christiane Ekambo a insisté sur trois piliers basés sur les compétences à la fois technologiques, éditoriales et éthiques. Les compétences technologiques incluent la maîtrise des outils numériques, de l’IA et du data journalisme. A côté de ces comptences technologiques doivent intervenir aussi les compétences éditoriales renforcées, telles que la vérification rigoureuse des sources et le journalisme d’investigation. Comme troisième pilier, il y a les compétences éthiques et citoyennes, indispensables pour lutter contre la désinformation, protéger les données et préserver la crédibilité des médias.
« Plus la technologie progresse, plus l’éthique devient centrale », a-t-elle martelé.
Loin de disparaître, le journalisme se transforme et se diversifie. Parmi les nouveaux métiers évoqués, la Directrice générale de journaldesnations.net a mis en lumière le journaliste OSINT, spécialiste de l’enquête à partir de sources ouvertes, et le Prompt Engineer de presse, véritable chef d’orchestre de l’IA générative au sein des rédactions.
Ces profils hybrides, a-t-elle expliqué, renforcent le travail du reporter de terrain en lui offrant un bouclier de vérification et un accélérateur de recherche. Ils illustrent la fusion entre la rigueur journalistique traditionnelle et la maîtrise des technologies avancées.
Pour la DG du journaldesnations, l’IA représente une opportunité majeure pour les médias africains : amélioration de la production locale, réduction des coûts, valorisation des langues africaines et meilleure couverture des zones reculées. Elle a également souligné le rôle stratégique des institutions africaines, notamment l’Union africaine, dans la formation des journalistes, l’encadrement de l’usage de l’IA et la défense de la souveraineté informationnelle du continent.
En conclusion, l’intervenante a rappelé que le journalisme de demain ne sera ni totalement humain ni totalement automatisé, mais hybride, innovant et profondément responsable. « L’IA est un outil, le journaliste reste la conscience », a-t-elle affirmé, appelant à investir dès aujourd’hui dans la formation, l’éthique et l’innovation pour bâtir l’avenir des médias, en particulier en Afrique.
Jessy EK.