Gouvernance inclusive en RDC : JHR mobilise médias et société civile pour amplifier la voix des femmes

Focus Group entre médias et OSC initié par JHR

Veiller à la participation active des femmes dans tous les secteurs, tant au sein des institutions publiques que privées, demeure le leitmotiv de l’ONG Journalists for Human Rights (JHR) ou Journalistes des Droits Humains. C’est dans cette optique qu’elle a organisé ce mercredi 25 mars 2026, une rencontre réunissant acteurs de la société civile et professionnels des médias autour des enjeux de la gouvernance inclusive en République démocratique du Congo.

Cette activité s’inscrit dans le cadre du nouveau projet « Amplifier la voix des femmes et des filles », lancé à Kinshasa avec le soutien de son partenaire d’exécution d’appui « Affaires mondiales Canada ».

Réunis dans la salle Maïko de l’immeuble Tembe na Tembe, dans la commune de Lingwala, les participants ont réfléchi aux défis liés à la participation des femmes dans les instances décisionnelles. Pour faciliter la compréhension du contexte, le modérateur a présenté un aperçu de la situation de l’inclusion dans la gouvernance en RDC à l’issue des élections de 2023.

Il en ressort que le seuil électoral demeure défavorable aux candidatures indépendantes, tandis que les femmes restent largement sous-représentées dans plusieurs secteurs, avec une tendance marquée à la stagnation, voire à la régression. Sur les 311 communes que compte le pays, 32 ne comptent aucune femme, et 61 communes n’en comptent que deux. Seules sept communes atteignent la parité, illustrant un progrès encore limité au niveau local.

Au niveau des conseillers communaux, la représentation féminine est légèrement meilleure, avec 203 femmes sur 960 sièges, soit 14 %. Dans les assemblées provinciales, 64 femmes siègent sur 689 élus, soit 9,28 %. Le gouvernement Suminwa II compte 17 femmes sur 53 membres, soit 32 %, une satisfaction pour la gente féminine qui voit une lueur d’espoir au niveau de l’exécutif signalant la présence d’une première ministre femme à la tête du gouvernement, une première depuis l’accession du pays en 1960. Tandis que la représentation des femmes au Parlement national reste faible, autour de 13 %.

Les échanges ont également mis en lumière les inégalités persistantes dans plusieurs secteurs. Sur le plan économique, les femmes restent majoritairement confinées dans l’informel et font face à un accès limité au crédit en raison de leur vulnérabilité financière. Dans le domaine de l’éducation, malgré les efforts liés à la gratuité de l’enseignement, elles demeurent victimes de stéréotypes et de discriminations. Sur le marché de l’emploi, bien qu’il n’existe pas officiellement de disparités salariales, les postes de décision restent largement dominés par les hommes, et la présence des femmes cadres dans l’administration publique demeure insuffisante.

Les travaux en groupe ont permis d’identifier les principales causes de ces inégalités et de formuler des recommandations concrètes. Parmi celles-ci figurent la révision du seuil électoral, une meilleure vulgarisation de l’article 13 de la loi électorale qui prévoit des mécanismes incitatifs pour promouvoir la participation politique des femmes ainsi que le renforcement des campagnes de sensibilisation.

Les participants ont également recommandé de multiplier les actions de plaidoyer pour faciliter l’accès des femmes au crédit, de promouvoir des tribunes médiatiques pour amplifier leurs voix, et de soutenir l’encadrement des activités économiques féminines en vue de leur autonomisation.

Au terme des échanges, les acteurs de la société civiles et les professionnels des médias ont regroupé leurs recommandations qui doivent faire l’objet de suivi et évaluation pour des résultats escomptés. Les participants se sont engagés à poursuivre ces réflexions avec l’appui de JHR en réaction à l’appel lancé par le directeur pays de JHR, Prince Murhula.

En effet, lors de l’entame de cette activité, il a souligné l’importance stratégique de cette initiative. Il a rappelé que « le projet repose sur trois axes principaux : le renforcement des capacités des médias pour une information éthique et sensible au genre, l’accompagnement de la société civile dans les actions de plaidoyer et les dynamiques communautaires, ainsi que l’engagement des institutions publiques en faveur d’une gouvernance plus inclusive ».

Christiane EKAMBO

Laisser un commentaire