L’Association des consommateurs des produits vivriers (ASCOVI) tire la sonnette d’alarme après l’alerte lancée par l’Office congolais de contrôle (OCC) sur un lot de cuisses de poulet congelées importées de Pologne et contaminées à la salmonelle. L’organisation appelle les autorités à retirer rapidement les produits encore en circulation et à indemniser les consommateurs qui auraient déjà été exposés.
Le 24 juin 2026, l’OCC a annoncé avoir été informé par le Système d’alerte rapide européen pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) de la présence en République démocratique du Congo d’un lot de 1 384 colis de cuisses de poulet congelées, contaminées par la bactérie Salmonella. Les produits, dont la date de péremption était fixée à la mi-mai 2026, auraient déjà été distribués sur le marché congolais.
Pour Patrice Musoko Mbuyi, président de l’ASCOVI, la situation constitue une menace sérieuse pour la santé publique.
« La vie du consommateur est vraiment en danger, car le lot incriminé se trouve déjà dans nos assiettes et sur nos marchés de vente. Cette situation est malheureusement récurrente en République démocratique du Congo. Il faut identifier le lot en question et mettre en place des mécanismes pour le retirer de la circulation », a-t-il déclaré.
Si l’association salue la transparence de l’OCC pour avoir rendu publique cette alerte, elle estime que cette démarche doit être suivie d’actions concrètes afin d’éviter que d’autres consommateurs ne soient exposés à ces produits impropres à la consommation.
L’ASCOVI rappelle que les conséquences d’une contamination à la salmonelle peuvent être graves et ne se manifestent pas toujours immédiatement.
« Les conséquences de la consommation d’un produit impropre sont lourdes pour la santé humaine. Il est possible qu’au moment de la consommation, aucun symptôme n’apparaisse. C’est probablement dans les jours qui suivent que le consommateur constatera la maladie. Après la publication des résultats de laboratoire, les experts pourront déterminer les types de maladies ou les problèmes de santé que cette contamination peut provoquer », a expliqué Patrice Musoko Mbuyi.
Au-delà du retrait du lot incriminé, l’association demande au gouvernement d’indemniser les consommateurs qui auraient subi un préjudice lié à la consommation de ces produits. Elle plaide également pour la création d’une agence nationale spécialisée dans la gestion des alertes sanitaires liées aux produits alimentaires.
Pour l’ASCOVI, seule une surveillance plus rigoureuse, combinée à un mécanisme efficace de retrait des produits dangereux, permettra de mieux protéger les consommateurs contre ce type de risques.
Christiane Ekambo