Kasaï : à Tshikapa, la crise des légumes fragilise le panier de la ménagère

Des vendeuses de légumes à Tshikapa

À Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, les légumes-feuilles se font de plus en plus rares sur les étals des marchés. Cette situation, principalement liée à la saison sèche, entraîne une hausse significative des prix et met en difficulté de nombreux ménages, contraints de revoir leurs habitudes alimentaires.

Au marché moderne du Kasaï, communément appelé marché de Dibumba, les vendeuses constatent chaque jour une baisse de l’approvisionnement en feuilles de manioc, feuilles de patates douces, amarantes et autres légumes indispensables à l’alimentation quotidienne. Les quantités disponibles ne suffisent plus à satisfaire la demande, tandis que les prix continuent de grimper.

« Avant, nous recevions facilement les légumes en provenance des champs. Aujourd’hui, les arrivages sont faibles et les prix d’achat ont fortement augmenté. Nous sommes obligées de vendre plus cher », explique une commerçante rencontrée sur place.

Du côté des consommatrices, la situation devient préoccupante. Avec un pouvoir d’achat déjà affaibli, plusieurs ménages peinent à se procurer les légumes qui accompagnent habituellement leurs repas. Certaines familles réduisent les quantités achetées, tandis que d’autres remplacent les légumes par des aliments moins coûteux.

« Nous sommes obligés de faire des sacrifices. Les légumes sont devenus un luxe pour certaines familles », déplore une mère de famille venue faire ses courses.

Selon plusieurs maraîchers, la saison sèche ralentit considérablement la production agricole. Le manque de pluies assèche les terres cultivées, réduit les récoltes et complique l’approvisionnement des marchés de Tshikapa. Les coûts de production et de transport contribuent également à maintenir les prix à un niveau élevé.

Cette crise touche ainsi toute la chaîne d’approvisionnement, du champ jusqu’à l’assiette. Agriculteurs, commerçants et consommateurs subissent les conséquences de cette baisse de production, qui pourrait perdurer tant que les conditions climatiques resteront défavorables.

Jadot Lukadi Doué

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