RDC : les raccordements frauduleux fragilisent le réseau électrique, alerte le DG de la SNEL

Teddy Lwamba, Directeur général de la Société nationale d'électricité (SNEL)

Les difficultés de desserte en électricité en République démocratique du Congo ne sont pas uniquement liées aux capacités de production. À Kinshasa, la Société nationale d’électricité (SNEL) fait également face à un autre défi : les raccordements frauduleux au réseau.

Le directeur général de la SNEL, Teddy Lwamba, a évoqué cette problématique lors du briefing de presse du gouvernement, tenu mercredi 1er octobre à Kinshasa, aux côtés du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.

Selon le responsable de la société d’électricité, les branchements irréguliers constituent un facteur de pression supplémentaire sur les infrastructures de distribution. Ils permettent notamment à certains usagers de consommer de l’électricité sans que cette consommation soit correctement enregistrée et facturée.

Des branchements qui mettent le réseau sous pression

Au-delà du manque à gagner financier pour la SNEL, les raccordements frauduleux posent également un problème technique. Des branchements effectués en dehors des normes peuvent contribuer à la surcharge des cabines et des équipements de distribution, avec pour conséquence des pannes susceptibles de perturber davantage la desserte.

Cette situation complique le travail de la SNEL, qui doit simultanément assurer la maintenance de ses installations, développer son réseau et améliorer la qualité de la fourniture d’électricité.

Pour Teddy Lwamba, la lutte contre la fraude doit ainsi faire partie des actions à mener pour améliorer durablement les performances du réseau.

La question des raccordements irréguliers intervient dans un contexte où la SNEL cherche à améliorer ses recettes et à renforcer sa capacité à financer ses activités.

Une consommation qui n’est pas correctement comptabilisée représente en effet une perte de revenus pour l’entreprise, alors même que celle-ci doit mobiliser des ressources importantes pour l’entretien et la modernisation de ses infrastructures.

Le DG de la SNEL a ainsi placé la lutte contre la fraude parmi les éléments d’une stratégie plus globale visant à rétablir l’équilibre du secteur électrique.

Cette stratégie passe également par l’amélioration du recouvrement des factures, l’augmentation de la capacité de production, le renforcement du réseau et l’amélioration de la maintenance.

Alors que la SNEL envisage notamment une centrale flottante de 134 MW pour renforcer l’offre énergétique, Teddy Lwamba souligne implicitement que l’augmentation de la production ne peut constituer, à elle seule, une réponse aux difficultés de la desserte.

Encore faut-il disposer d’un réseau capable d’acheminer et de distribuer efficacement l’électricité produite, tout en réduisant les pertes et les consommations frauduleuses.

La lutte contre les raccordements illégaux apparaît dès lors comme l’un des chantiers liés à l’amélioration du service public de l’électricité.

Pour la SNEL, l’enjeu est donc double : produire davantage d’électricité et sécuriser le réseau ainsi que les recettes permettant de maintenir et de développer les infrastructures.

À Kinshasa, où les perturbations de la desserte restent une préoccupation majeure pour les ménages et les activités économiques, la maîtrise de ces différents facteurs constitue un élément important de la recherche d’une fourniture d’électricité plus régulière.

Christiane Ekambo

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