La ville de Kikwit, dans la province du Kwilu, au sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), fait face à une recrudescence des actes d’insécurité attribués à des jeunes présumés Kuluna. En l’espace d’une semaine, plusieurs incidents ont été signalés, notamment des agressions à l’arme blanche, des vols et des affrontements nocturnes. Une situation qui plonge la population dans l’inquiétude.
Le dernier cas en date est celui d’un élève de l’Institut Centre Marial, agressé à coups de machette le lundi 12 octobre 2026, alors qu’il rentrait chez lui après les cours.
« Il s’agit de l’élève Ngata, de la 4ᵉ année électricité à l’Institut Centre Marial. Il était au téléphone avec l’un de ses correspondants lorsqu’un groupe de présumés Kuluna a surgi vers 17 h 30, dans le secteur de l’Institut Kanguluma, dans la commune de Lukolela. Ils lui ont asséné des coups de machette et ont emporté son téléphone Android, malgré les cris des témoins », a rapporté Patrick Lisungu, un débrouillard.
Face à cette situation, il appelle les autorités compétentes à renforcer les mécanismes de sécurité et à améliorer les interventions visant à traquer les présumés bandits.
De son côté, Floribert Mputu, chef du quartier Kimwanga, dresse un tableau préoccupant de la situation sécuritaire dans sa juridiction.
« En trois jours, ces jeunes ont menacé quatre conducteurs de motos-taxis, communément appelés Wewa, et leur ont extorqué des sommes d’argent. La population est mal à l’aise », déplore-t-il.
Floribert Mputu précise que ces présumés bandits opèrent notamment sur les avenues Kwango, Nsay et Lumumba, en direction de La Galette, dans la commune de Nzinda. Il sollicite l’installation d’un sous-commissariat de police dans cette zone afin de renforcer la sécurité des habitants.
Un autre incident s’est produit le dimanche 11 octobre 2026 au marché du quartier Kanzombi, dans la commune de Lukemi. Deux groupes de jeunes présumés Kuluna s’y sont affrontés vers 10 heures, à l’aide d’armes blanches et d’autres objets, notamment des machettes, des barres de fer et des pierres.
« Cette bagarre a provoqué une grande panique et entraîné la fuite des vendeurs. Ces jeunes ont profité de la confusion pour voler de l’argent, des vêtements, du poisson, de l’huile de palme et d’autres marchandises. Trois d’entre eux ont été arrêtés par la police », explique Paul Muntulu, l’un des vendeurs victimes.
Dans le quartier Kikwit 3 Masamba, situé dans la commune de Nzinda, des individus armés de machettes ont fait irruption, dans la nuit du 9 au 10 octobre, au domicile de Papy Nkatala. Ils y ont emporté plusieurs biens de valeur, notamment une moto, des ordinateurs, des téléphones et des assiettes.
« Dès que j’ai entendu du mouvement, j’ai voulu intervenir. Mais l’un d’eux m’a asséné un coup de machette, me blessant grièvement », témoigne la victime.
Face à cette multiplication des incidents, la police affirme poursuivre ses opérations contre les présumés délinquants. Le samedi 10 octobre, des éléments du Groupe mobile d’intervention (GMI) ont notamment arrêté quatre présumés Kuluna, selon les informations rapportées.
« Nous avons toujours demandé à la population de dénoncer les cas de ce genre et de collaborer avec la police pour lutter contre ce phénomène », indique Jery Lampungu, commissaire adjoint du sous-commissariat de Kanzombi.
Ce responsable évoque également un vol commis quelques jours auparavant au domicile de Kapinji Pasco, un débrouillard du quartier Ngulunzamba, dans la commune de Lukemi. Les malfaiteurs auraient emporté 15 millions de francs congolais, des machines à coudre ainsi que d’autres biens de valeur.
Face à ces actes répétés, les habitants de Kikwit attendent des mesures concrètes des autorités pour renforcer la présence policière, protéger les personnes et leurs biens et mettre un terme à l’insécurité qui affecte plusieurs quartiers de la ville.
Badylon Kawanda Bakiman