Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a animé ce mercredi une conférence universitaire à l’Université de Kinshasa (UNIKIN), sous le thème : « Au cœur du processus de pacification de la RDC : comprendre pour agir-l’appropriation du narratif congolais par la jeunesse pour la construction d’une paix durable ».

Devant un auditoire composé de professeurs, de membres du corps académique et d’une foule d’étudiants, le ministre a lancé un plaidoyer fort : la jeunesse congolaise doit devenir actrice de la paix, en s’appropriant le récit de son histoire et de sa souveraineté.

« Il y a parmi vous des jeunes qui, depuis leur naissance, n’ont connu qu’un pays en guerre. Cette guerre n’est pas dirigée uniquement contre le président Tshisekedi ; elle vise la souveraineté même de notre pays », a-t-il affirmé.

Cinq dates pour comprendre le processus de paix
Afin de permettre une meilleure compréhension des efforts de pacification en cours, Patrick Muyaya a rappelé cinq étapes majeures de l’année 2025 :
- 18 mars : rencontre tripartite à Doha (Qatar, RDC, Rwanda)
- 23 avril : déclaration conjointe RDC – AFC/M23
- 25 avril : déclaration de principes RDC – Rwanda à Washington
- 27 juin : signature de l’accord de paix RDC – Rwanda
- 19 juillet : nouvelle déclaration RDC – AFC/M23
Le ministre a insisté sur l’importance de replacer ces événements dans leur contexte, afin de ne pas céder aux interprétations erronées diffusées sur les réseaux sociaux.
Pour Patrick Muyaya, la paix passe aussi par la souveraineté narrative. Il a dénoncé les récits importés qui réduisent le Congo à une terre de chaos et de dépendance, appelant les jeunes à produire, diffuser et défendre une vision endogène, positive et inclusive de leur pays.
« Le récit d’un peuple forge son identité collective, influence ses choix politiques et renforce son unité », a-t-il rappelé.
Face aux frustrations exprimées par les étudiants quant à leur marginalisation dans les débats publics, le ministre a proposé la création de plateformes citoyennes et universitaires, en partenariat avec les médias, pour amplifier leur voix. Il a notamment évoqué la radio universitaire Alma Mater, comme outil de diffusion du narratif congolais.
Saluant les efforts étudiants en faveur du dialogue intercommunautaire, le ministre a encouragé la jeunesse à s’éduquer aux enjeux géopolitiques de la région, à déconstruire les fausses informations, et à devenir des ambassadeurs de paix dans leurs communautés.
Le recteur de l’UNIKIN a salué cette initiative, qualifiant Patrick Muyaya de « cardiologue de l’information », capable de décoder les vérités dissimulées derrière les accords internationaux.
« Aujourd’hui, nous avons eu le privilège de nous abreuver à la source, celle du savoir étatique et diplomatique », a-t-il déclaré.
En clôture, Patrick Muyaya a lancé un appel clair : « Nous avons besoin d’ambassadeurs de paix dans chaque université, chaque quartier, chaque village. La paix durable ne viendra pas d’ailleurs, mais du Congo lui-même par sa jeunesse, pour son avenir ».
Cette conférence s’inscrit dans une dynamique nouvelle de diplomatie populaire, centrée sur la responsabilisation des jeunes dans la construction d’un avenir stable, souverain et prospère pour la RDC.
Christiane EKAMBO