À Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni (Nord-Kivu), la société civile locale se félicite des avancées enregistrées dans ses actions citoyennes visant à obtenir le départ de certaines autorités jugées inefficaces.
Elle accuse notamment la bourgmestre de la commune d’Oïcha, ainsi que les commandants de la Police nationale congolaise de la commune et du territoire de Beni, de mauvaise gouvernance et d’inaction face à la recrudescence de l’insécurité.
Selon Darius Syayira, rapporteur de la société civile noyau d’Oïcha, plusieurs présumés délinquants ont déjà été arrêtés, signe que les revendications commencent à produire des effets.
Toutefois, il insiste sur la nécessité d’organiser des jugements publics afin de décourager toute récidive.
« Nous avons adressé une lettre à l’auditeur militaire et au président du tribunal de garnison de Beni pour solliciter l’organisation d’audiences foraines en commune d’Oïcha. Nous voulons que les présumés criminels soient jugés conformément à la loi, pour que justice soit rendue et que cela serve d’exemple », a déclaré Darius Syayira.
En parallèle, la société civile prévoit d’organiser une marche pacifique ce vendredi 7 novembre 2025.
L’action débutera à 8 heures au Rond-point d’Oïcha et se terminera au bureau du territoire de Beni, où un mémorandum détaillant l’ensemble des revendications sera lu et déposé aux autorités.
Une correspondance officielle a déjà été adressée à l’administrateur du territoire de Beni pour l’informer de la tenue de cette manifestation.
À l’issue du dépôt du mémorandum, une réunion d’évaluation sera organisée à un lieu encore à préciser.
La société civile salue par ailleurs la discipline de la population, qui a respecté plusieurs journées « ville morte » depuis le début du mouvement, ainsi que le professionnalisme des services de sécurité, dont l’attitude a permis d’éviter tout incident majeur.
« Nous remercions la population pour sa responsabilité et les forces de sécurité pour leur retenue. Nous espérons que la situation continuera à évoluer dans le calme », a ajouté Darius Syayira.
Déterminées à poursuivre leur mobilisation, les forces vives d’Oïcha affirment qu’elles ne relâcheront pas la pression tant que leurs revendications en matière de gouvernance et de sécurité n’auront pas trouvé de réponses concrètes.
Gloire Tsongo / Beni