Ce lundi 14 juillet 2025, plusieurs veuves de militaires tombés au front, accompagnées de leurs enfants, ont battu le pavé dans les rues de Beni, au Nord-Kivu, pour protester contre le blocage de leurs salaires. Leur marche a provoqué la paralysie du boulevard Nyamwisi, en plein centre-ville, pendant plusieurs heures.
Installées pour la plupart dans le quartier Tamende, près de l’Ozacaf, ces femmes vivent dans une extrême précarité. Certaines dorment avec leurs enfants devant un bâtiment abandonné, faute de moyens. Elles affirment ne plus percevoir leur solde depuis plusieurs mois, alors que leurs époux sont morts au front, notamment dans les combats entre les FARDC et les rebelles du M23 autour de Goma.
« Je n’ai reçu que les salaires de février à avril. Depuis mai, plus rien. Je dors dehors avec mes enfants à l’Ozacaf. Nous souffrons énormément », témoigne l’une des manifestantes, visiblement bouleversée.
Les manifestantes ont brandi des calicots aux slogans explicites : « Réclamation de notre salaire« , « L’IG doit libérer notre argent« , « Veuves et orphelins militaires réclament leurs droits ».
Elles accusent l’Inspection générale des FARDC (IG FARDC) d’être responsable du blocage de leurs indemnités.
« On nous dit que c’est l’IG qui bloque. On a été payées une ou deux fois, puis plus rien. Cela fait six mois que nous n’avons rien reçu. Nous voulons notre argent. Sinon, nous mourrons avec nos enfants« , s’exclame une autre veuve, en larmes.
Même les enfants de militaires tombés se sont exprimés, dénonçant l’indifférence face à leur sort.
« Nos pères sont morts au front. On écrit depuis des mois, mais personne ne répond. C’est pour cela que nous avons marché. Trop, c’est trop ! », a déclaré un jeune orphelin, déterminé.
À ce stade, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part des autorités militaires ou civiles. Les veuves préviennent : si aucune solution n’est apportée dans les jours à venir, elles reviendront dans la rue pour poursuivre leur mobilisation.
Gloire Tsongo – depuis Beni