À l’occasion de la Journée nationale dédiée aux martyrs de l’indépendance, commémorée le 4 janvier à travers la République démocratique du Congo, des voix de la société civile se sont élevées dans la région de Beni afin de rappeler le sens profond de cette date historique.
À Kasindi, en territoire de Beni, Matthieu Ivogha, militant du mouvement citoyen LUCHA, a axé son message sur la mémoire collective, l’engagement citoyen et la responsabilité individuelle et collective. Pour lui, la commémoration du 4 janvier ne doit pas se limiter à des cérémonies officielles, mais servir de moment de réflexion et d’interpellation.
Revenant sur les événements tragiques du 4 janvier 1959 à Léopoldville, actuelle Kinshasa, Matthieu Ivogha rappelle que des Congolais non armés avaient été abattus au stade Père-Raphaël alors qu’ils s’apprêtaient à assister à un meeting politique réclamant l’indépendance du pays. Une répression qui, malgré un bilan officiel de 49 morts, aurait fait plusieurs centaines de victimes civiles, selon diverses sources historiques.
Dans son message, le militant a insisté avant tout sur le sacrifice consenti par ces martyrs.
« Cette journée nous rappelle tous ceux qui ont accepté de payer le prix humain afin que le Congo accède à sa souveraineté et soit reconnu comme un État indépendant », a-t-il déclaré.
Au-delà du devoir de mémoire, Matthieu Ivogha interpelle également la population congolaise sur son rôle actuel dans la vie nationale.
« Ce n’est pas seulement une fête. C’est une journée de mémoire qui doit rappeler à chaque Congolais sa responsabilité citoyenne. Nous ne devons pas rester de simples spectateurs de ce qui se passe dans notre pays », a-t-il souligné.
Le militant de la LUCHA a par ailleurs abordé la question de la gouvernance, appelant à une cohérence entre les discours politiques et les actions concrètes.
« Les dirigeants doivent savoir qu’ils travaillent dans l’intérêt du pays et qu’ils sont redevables au peuple. Mais la population a aussi la responsabilité de contrôler l’action publique et d’exiger des comptes », a-t-il ajouté.
À Kasindi, comme ailleurs dans la région de Beni, ce message s’inscrit dans une dynamique de mobilisation citoyenne, rappelant que l’héritage des martyrs de l’indépendance demeure un repère essentiel pour l’avenir de la République démocratique du Congo.
Gloire TSONGO/ Beni