Carte de presse en RDC : l’UNPC fixe le coût global à 105 USD pour deux ans

Baudouin Kamanda Wa Kamanda, président de l'UNPC (au centre)

 L’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) a officiellement relancé, le vendredi 26 décembre 2025, le processus de délivrance de la carte de presse en République démocratique du Congo. Le coût total de ce document est désormais fixé à 105 dollars américains, pour une durée de validité de deux ans.

La cérémonie de présentation du formulaire de demande s’est tenue en présence de plusieurs responsables de l’UNPC, marquant une nouvelle étape dans la volonté de professionnaliser le métier de journaliste en RDC. Selon l’organisation, la carte de presse constitue un outil d’identification professionnelle essentiel, destiné à renforcer la crédibilité et le respect de la déontologie journalistique.

Le président de l’UNPC, Baudouin Kamanda Wa Kamanda, a précisé que, sur les 105 USD, 50 dollars seront versés au Trésor public par le biais de la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participation (DGRAD). Le montant restant servira à couvrir les frais logistiques liés à la production et à la gestion du processus de délivrance de la carte.

Par ailleurs, l’UNPC annonce qu’une campagne nationale de sensibilisation et de distribution sera menée afin de permettre à l’ensemble des professionnels des médias, sur toute l’étendue du territoire national, d’accéder à ce document officiellement reconnu.

Cependant, cette décision suscite de vives réactions au sein de la corporation. Si l’UNPC justifie ce coût par les exigences organisationnelles et la nécessité de réguler la profession, une frange importante de journalistes estime que le montant reste inaccessible, au regard des réalités socio-économiques du secteur.

Dans plusieurs forums professionnels, des journalistes dénoncent une mesure jugée déconnectée des conditions de vie des acteurs des médias.

« Mon média est incapable de me payer 50 dollars par mois », confie un journaliste sous anonymat.

Les critiques sont particulièrement fortes dans les provinces, où de nombreux journalistes exercent dans des conditions de grande précarité. Pour certains observateurs, cette mesure, bien qu’ayant pour objectif de structurer la profession, pourrait devenir un obstacle à l’exercice du métier pour de nombreux professionnels.

À ce stade, l’UNPC n’a pas encore réagi officiellement à ces critiques. Toutefois, la pression s’intensifie en faveur d’un réajustement du coût ou de modalités de paiement plus souples, notamment par tranches ou avec l’appui des employeurs des médias.

Keren TSHILEMBA

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