Le processus de désarmement et de réinsertion des ex-combattants en République démocratique du Congo continue de se renforcer. Lors du briefing presse du lundi 9 mars animé par le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, le coordonnateur national du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS), Jean de Dieu Ntanga Ntita, a apporté des éclairages sur les fondements et l’évolution de ce programme, notamment son extension à la ville-province de Kinshasa.
Face à la presse, Jean de Dieu Ntanga Ntita a rappelé que le P-DDRCS repose sur trois piliers essentiels : la démobilisation, le relèvement communautaire et la stabilisation.
La démobilisation consiste à retirer les combattants des groupes armés en leur offrant des alternatives socio-économiques. L’objectif est de leur permettre de produire des biens et des services utiles à leurs communautés tout en disposant de revenus pour subvenir à leurs besoins.
Le relèvement communautaire vise, pour sa part, à accompagner les populations vivant dans les zones affectées par les conflits afin de renforcer leur résilience et de leur permettre de reconstruire progressivement une nouvelle vie.
Quant à la stabilisation, elle consiste à restaurer l’autorité de l’État dans les zones jadis occupées par les groupes armés, à améliorer la sécurité et à permettre aux populations d’accéder à des moyens de subsistance.
Pour atteindre ces objectifs, le programme s’appuie sur une organisation structurée. Au niveau national, un comité de pilotage assure la direction politique du programme, tandis qu’un comité technique fournit les analyses et recommandations nécessaires à la mise en œuvre des actions.
La coordination nationale, dirigée par Jean de Dieu Ntanga Ntita, supervise l’exécution des activités à travers des coordinations provinciales et des antennes locales.
Dans les provinces, le programme est également soutenu par un cadre de concertation pour la paix, une structure présidée par les gouverneurs et qui joue le rôle de centre d’analyse, de réflexion et d’orientation stratégique pour adapter les actions aux réalités locales.
Traditionnellement déployé dans l’Est et certaines zones du centre du pays, le P-DDRCS intervient actuellement dans plusieurs provinces, notamment l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Maniema et le Tanganyika.
La nouveauté réside dans l’intégration de la ville-province de Kinshasa. Depuis la fin de l’année dernière, le programme est opérationnel dans la commune de Maluku. Cette intervention s’inscrit notamment dans la gestion du phénomène Mobondo, qui affecte les zones frontalières entre Kinshasa et la province du Maï-Ndombe.
L’intégration des ex-combattants dans le programme s’appuie sur une stratégie nationale découlant de l’ordonnance n°21/038 du 4 juillet 2021, qui confie à la coordination nationale du P-DDRCS la définition de la méthodologie de mise en œuvre.
Le processus commence par des actions de sensibilisation et de dialogue avec les groupes armés. Les combattants qui acceptent d’adhérer au programme sont ensuite identifiés, enregistrés dans une base de données unique et soumis à un processus de biométrisation. Ils reçoivent une carte d’identification tandis que leurs armes sont répertoriées dans la même base de données et stockées par les FARDC.
Après cette étape, les bénéficiaires sont orientés vers des formations professionnelles ou des activités génératrices de revenus afin de faciliter leur réinsertion dans la société.
Depuis la prise de fonction de l’actuelle coordination, le programme a enregistré des avancées notables.
Christiane EKAMBO