Des chefs d’établissements secondaires publics de la sous-division Kasaï 1 ont accordé, samedi, un délai de 48 heures au Projet d’apprentissage et d’autonomisation des filles (PAAF) pour s’acquitter de la deuxième tranche des frais scolaires de l’année 2024-2025. Faute de paiement dans ce délai, les élèves filles bénéficiaires du programme risquent d’être exclues des écoles dès le mercredi 22 avril.
Cette décision a été prise au cours d’une réunion extraordinaire de l’Intersyndicale des enseignants de l’Éducation nationale et nouvelle citoyenneté (EDU-NC) Kasaï 1. Les participants ont dans l’ensemble dénoncé plusieurs dysfonctionnements dans la mise en œuvre du projet.
Selon le président de cette structure, André Nkongolo Tshibuabua, le PAAF est pointé du doigt pour un fonctionnement jugé défaillant. Il évoque notamment le non-respect des procédures encadrant la gestion des bourses scolaires, l’absence d’application des recommandations issues de la table ronde organisée en 2025 à Kinshasa, ainsi que des irrégularités dans le recrutement des ONG chargées d’identifier les bénéficiaires.
À ces critiques s’ajoutent également le non-respect du calendrier scolaire 2025-2026 et des difficultés persistantes dans la prise en charge des élèves concernées.
Face à cette situation, les responsables des écoles exigent le paiement immédiat de la deuxième tranche ainsi que la régularisation de l’ensemble des frais de scolarité, sur base des effectifs validés.
Dans le cas contraire, ils annoncent non seulement le renvoi des élèves bénéficiaires, mais aussi la suspension de toutes les activités liées au projet, notamment le contrôle et la mise à jour des listes, à partir du lundi 20 avril et ce, jusqu’à nouvel ordre.
Par ailleurs, les chefs d’établissements ont saisi les autorités compétentes pour demander la suppression, dès la prochaine année scolaire, de la composante « bourse scolaire » du PAAF, qu’ils jugent inefficace dans son fonctionnement actuel.
« Si aucun paiement n’intervient dans le délai fixé, les parents devront prendre en charge la totalité des frais scolaires », a prévenu André Nkongolo Tshibuabua.
Jusqu’à présent, le PAAF ne s’est pas encore exprimé officiellement sur cette situation. Pendant ce temps, l’inquiétude grandit parmi les élèves bénéficiaires et leurs familles, qui redoutent une interruption brutale de leur scolarité.