Kinshasa accueille pour la première fois le Forum international des élites féminines. Près de 300 participantes issues de 26 provinces de la RDC et de 17 pays africains prennent part à cette 12ᵉ édition, axée sur l’intelligence artificielle, l’entrepreneuriat, les droits des femmes et le leadership féminin.
Kinshasa s’affirme comme un carrefour de réflexion et de mobilisation en faveur du leadership féminin africain. Ouverte le jeudi 8 octobre 2026 au Chapiteau du Palais du Peuple, la 12ᵉ édition du Forum international des élites féminines (FIEF-RDC) réunit près de 300 participantes venues des 26 provinces de la République démocratique du Congo et de 17 pays africains.

Placées sous le haut patronage de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, et sous le leadership institutionnel du ministère du Genre, Famille et Enfant, ces assises se tiennent autour du thème : « Femmes d’avenir : intelligence artificielle, entrepreneuriat, droits et leadership féminin pour une Afrique inclusive et résiliente ».
Cette première organisation du FIEF à Kinshasa traduit la volonté de renforcer les échanges entre les femmes leaders du continent et de transformer leurs expériences en initiatives concrètes, capables de favoriser leur autonomisation et leur participation au développement de l’Afrique.
Judith Suminwa plaide pour des opportunités concrètes
Dans son allocution d’ouverture, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a appelé à faire de ce rendez-vous un véritable espace de renforcement des compétences, de coopération et de création de partenariats durables.

L’accent a notamment été mis sur l’accès des femmes aux nouvelles technologies, aux financements et aux marchés, ainsi que sur leur participation effective aux instances de décision. Autant de leviers considérés comme essentiels pour accroître leur contribution à l’économie et aux transformations sociales du continent.
Au-delà des discussions, l’enjeu est de favoriser l’émergence de collaborations susceptibles d’ouvrir de nouvelles perspectives aux femmes entrepreneures, aux professionnelles du numérique et aux jeunes filles désireuses de s’engager dans des secteurs porteurs.

Marraine de cette 12ᵉ édition, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a insisté sur la nécessité de traduire les réflexions du forum en engagements mesurables et en actions concrètes au bénéfice des femmes et des jeunes filles.
« L’Afrique ne peut plus avancer sans ses femmes et sa jeunesse », a-t-elle affirmé, invitant les participantes à faire de l’intelligence artificielle, de l’innovation et de l’entrepreneuriat des instruments d’émancipation et de développement.
La ministre a également souligné l’importance de la transmission d’expérience entre générations. Elle a ainsi exhorté les femmes occupant des positions de responsabilité à partager leurs connaissances et à ouvrir leurs réseaux aux jeunes, afin de préparer une relève féminine capable de participer pleinement aux mutations économiques, technologiques et sociales.
Cette démarche vise à consolider les acquis du leadership féminin tout en créant des passerelles entre les femmes expérimentées et les nouvelles générations.
Le FIEF-RDC 2026 accorde également une place importante aux questions de paix, de justice et de protection des droits des femmes. Les échanges portent notamment sur leur participation à la prévention des conflits, à la médiation, aux processus de paix et à la reconstruction des communautés affectées par les violences.
Une attention particulière est réservée aux femmes touchées par les conflits armés et les déplacements forcés dans l’est de la RDC, où les conséquences humanitaires et sociales des violences demeurent une préoccupation majeure.
Dans cette perspective, un panel consacré au Fonds national des réparations des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) doit permettre de présenter les mécanismes de réparation ainsi que les dispositifs d’accompagnement destinés aux victimes.
L’intégration de ces thématiques rappelle que la promotion du leadership féminin ne se limite pas à l’accès aux responsabilités économiques et politiques. Elle implique également la protection des droits, la lutte contre les violences basées sur le genre et la reconnaissance des préjudices subis par les victimes.
L’organisation de cette édition à Kinshasa s’inscrit dans le prolongement de la participation congolaise à la 11ᵉ édition du FIEF, tenue en 2025 à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso.
Selon le communiqué du ministère, le soutien de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka à onze participantes congolaises avait permis à la RDC de constituer la plus forte délégation à cette rencontre. Cette mobilisation a contribué à ouvrir la voie à l’organisation de l’édition 2026 dans la capitale congolaise.
Durant quatre jours, les participantes sont appelées à confronter leurs expériences et à développer des réseaux de coopération autour de plusieurs priorités : l’intelligence artificielle, l’entrepreneuriat féminin, les droits des femmes, la santé sexuelle et reproductive, la lutte contre les violences basées sur le genre et la promotion de la masculinité positive.
Prévue le 11 octobre 2026, la clôture du FIEF-RDC devra marquer une étape importante dans la concrétisation des échanges engagés à Kinshasa.
Pour les organisatrices, l’enjeu est désormais de faire émerger des partenariats et des engagements capables de se prolonger au-delà des assises. À travers cette rencontre continentale, la RDC entend ainsi contribuer à une dynamique africaine dans laquelle les femmes et les jeunes filles disposent de davantage de moyens pour innover, entreprendre, défendre leurs droits et participer aux décisions qui façonnent l’avenir du continent.
Keren Tshilemba