Lors de la deuxième journée du Forum international des élites féminines, organisé à Kinshasa, la ministre congolaise du Genre, Famille et Enfant a appelé les jeunes filles africaines à miser sur leurs compétences, leur intégrité et leur capacité à transformer positivement la société, plutôt que de rechercher les gains faciles ou les reconnaissances éphémères.
Les jeunes filles africaines sont appelées à croire en leurs capacités, à valoriser leurs talents et à construire un leadership durable au service de leurs communautés. C’est le message porté par Micheline Ombae Kalama, ministre du Genre, Famille et Enfant de la République démocratique du Congo (RDC), lors de la deuxième journée du Forum international des élites féminines (FIEF-RDC 2026), organisée vendredi 9 octobre à Kinshasa.
Réunissant des délégations de 17 pays africains ainsi que des représentantes des 26 provinces de la RDC, cette rencontre panafricaine entend renforcer les compétences des femmes et des jeunes filles, promouvoir leur autonomisation et accroître leur participation aux transformations économiques, numériques et sociales du continent.
Dans son intervention, Micheline Ombae Kalama a insisté sur la nécessité, pour les jeunes générations, de développer leur potentiel et de se distinguer par la qualité de leur travail, leur engagement et leur contribution au développement.
« Vous devez faire valoir ce que vous avez à offrir pour votre pays, pour votre continent, pour le monde », a-t-elle déclaré, mettant en garde contre la recherche des gains faciles, des vaines gloires et des postes éphémères.
Pour la ministre, la construction d’un parcours professionnel solide exige de privilégier les compétences et la crédibilité plutôt que les avantages immédiats.
S’adressant aux participantes, la ministre du Genre les a encouragées à travailler sur leur image, leur réputation et leurs relations professionnelles afin de se positionner durablement dans les sphères de décision.
« Les fonctions et les titres passent, mais votre réputation ou votre renommée vous suivront jusqu’à la fin de vos vies », a-t-elle souligné, invitant les jeunes filles à prendre pleinement leur destin en main.
Elle a également établi une distinction entre la recherche de la reconnaissance et la volonté de devenir identifiable par ses réalisations.
« Ne travaillez pas pour être validée, pour être reconnue, travaillez pour être identifiable », a-t-elle conseillé, estimant que la valeur d’une femme leader doit se refléter dans ses actions et dans la qualité de sa contribution à la société.
Cette approche repose sur une conception du leadership fondée sur la compétence, la constance et l’impact, plutôt que sur les titres ou l’approbation des autres.
À l’ère du numérique, Micheline Ombae Kalama a également attiré l’attention des jeunes filles sur les possibilités offertes par les réseaux sociaux pour valoriser leurs compétences, partager leurs idées et renforcer leur visibilité professionnelle.
Elle les a toutefois exhortées à faire preuve de discernement dans leur utilisation de ces plateformes, en privilégiant les contenus utiles, l’analyse et les échanges constructifs.
L’objectif est de faire du numérique un instrument de promotion des talents et de développement personnel, plutôt qu’un espace consacré uniquement à la recherche de popularité.
Pour la ministre, le leadership ne se résume pas à occuper une position ou à bénéficier d’une forte visibilité. Il implique avant tout une volonté d’agir pour le bien commun.
« Le leadership, c’est une décision. Le leadership, c’est une énergie. Le plus beau leadership est celui qui améliore la vie des autres », a-t-elle affirmé, invitant chaque participante à réfléchir à ce qu’elle peut apporter pour améliorer le quotidien de ses semblables.
Consciente des obstacles auxquels les femmes et les jeunes filles peuvent être confrontées dans leur parcours, la ministre a également évoqué les difficultés liées aux discriminations, aux préjugés et à la sous-estimation de leurs capacités.
Elle les a prévenues que l’accès aux responsabilités peut être jalonné d’épreuves, de périodes de doute et de manque de soutien. Ces difficultés, a-t-elle laissé entendre, ne doivent cependant pas remettre en cause leurs compétences, leurs qualités ou leurs valeurs.
Son message se veut ainsi un encouragement à la persévérance et à l’affirmation de soi, dans des environnements où les femmes doivent encore surmonter de nombreux obstacles pour accéder aux opportunités et aux postes de décision.
Au cours de son allocution, Micheline Ombae Kalama est également revenue sur les missions de son ministère, chargé notamment de contribuer à l’élaboration des stratégies et des programmes destinés à garantir le respect des droits des femmes et des enfants.
Elle a évoqué les actions de plaidoyer menées au cours de l’année écoulée aux niveaux national, régional et international pour favoriser l’insertion des femmes et des jeunes filles.
« Si aujourd’hui les choses sont en train d’aller telles que nous les voyons, c’est aussi à cause des plaidoyers que nous avons menés », a-t-elle déclaré, soulignant l’importance du travail institutionnel pour faire progresser la participation féminine.
Cette intervention a permis de mettre en perspective le rôle des politiques publiques dans la promotion des droits des femmes et l’élargissement de leurs possibilités d’accès aux responsabilités.
Organisée du 8 au 11 octobre 2026 à Kinshasa, la 12ᵉ édition du FIEF rassemble des participantes issues de 17 pays africains et des 26 provinces congolaises autour des enjeux du leadership féminin, de l’entrepreneuriat, de la transformation numérique, de la gouvernance et de la consolidation de la paix.
Au-delà du partage d’expériences, cette rencontre ambitionne de renforcer les capacités des participantes, de développer les réseaux de coopération panafricains et de favoriser leur implication dans les dynamiques de développement.
À travers son appel aux jeunes filles, Micheline Ombae Kalama a défendu une vision du leadership féminin qui associe affirmation des compétences, intégrité personnelle et responsabilité envers la collectivité.
Un message qui rappelle que l’émancipation des femmes ne dépend pas uniquement de l’accès aux opportunités, mais aussi de leur capacité à faire reconnaître leur valeur par des réalisations concrètes et durables.
Keren Tshilemba