Depuis août 2022, Sébastien Desabre dirige les Léopards de la République démocratique du Congo (RDC). En quatre ans, son bilan est marqué par une demi-finale à la CAN 2023, un retour historique au Mondial 2026 et une progression au classement FIFA. Mais ses résultats suffisent-ils pour faire de lui le sauveur du football congolais ?
À son arrivée, la sélection congolaise traversait une période difficile. Battue par le Gabon et le Soudan lors de ses deux premières rencontres des éliminatoires de la CAN 2023, la RDC occupait la dernière place de son groupe, sans aucun point. Desabre a ensuite redressé la situation et conduit les Léopards jusqu’à la phase finale en Côte d’Ivoire.
Durant cette compétition, les Congolais ont atteint les demi-finales après avoir éliminé l’Égypte et la Guinée. Battus par la Côte d’Ivoire, ils ont terminé à la quatrième place après une défaite aux tirs au but contre l’Afrique du Sud. Ce parcours a confirmé le retour de la RDC parmi les sélections capables de rivaliser avec les meilleures équipes africaines.
La qualification à la Coupe du monde 2026 constitue une autre grande réussite de l’ère Desabre. Après 52 ans d’absence, depuis la participation du Zaïre en 1974, la RDC a retrouvé la scène mondiale.
Durant la compétition organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, les Léopards ont réalisé un parcours historique. Ils ont d’abord accroché le Portugal (1-1), avant de perdre contre la Colombie (0-1). Leur victoire face à l’Ouzbékistan (3-1) leur a ensuite permis de poursuivre l’aventure.
Qualifiée pour les seizièmes de finale, la RDC a finalement été éliminée par l’Angleterre (1-2). Les Congolais ont pourtant longtemps tenu tête à cette grande nation du football. Brian Cipenga a ouvert le score dès la 7e minute, avant que Harry Kane ne renverse la rencontre avec deux buts tardifs.
Malgré cette élimination, les Léopards ont atteint le meilleur niveau de leur histoire en Coupe du monde. Leur parcours s’inscrit dans une édition marquée par plusieurs surprises, avec notamment le Maroc qui a éliminé les Pays-Bas aux tirs au but et la Norvège qui a battu le Brésil en huitièmes de finale. Ces résultats ont montré que les grandes nations ne sont plus à l’abri des surprises.
Après le Mondial, les Léopards ont également bien commencé les éliminatoires de la CAN 2027, prévue au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda.
Le 24 septembre 2026, la RDC a battu la Guinée équatoriale (2-0) au stade des Martyrs de Kinshasa, avant de s’imposer face au Zimbabwe (2-1), quatre jours plus tard, à Harare.
Avec six points sur six, les Congolais occupent la première place du groupe E après deux journées. Ce départ sans faute renforce leurs chances de qualification, même si les prochaines rencontres seront déterminantes pour confirmer cette dynamique. La double confrontation contre la Sierra Leone, prévue les 11 et 15 novembre, constituera un nouveau test.
Les performances des Léopards se reflètent également dans le classement FIFA. Publiée le 7 octobre 2026, la dernière édition place la RDC au 40e rang mondial, avec 1 506,37 points. La sélection a gagné une place et conserve la septième position en Afrique.
Cette progression confirme la place retrouvée par les Congolais dans le football international. Toutefois, le classement FIFA ne suffit pas, à lui seul, à mesurer la solidité d’une équipe sur la durée.
Les deux matchs amicaux disputés contre l’Ouganda, les 2 et 5 octobre à Johannesburg, se sont soldés par une défaite (0-2), puis un nul (1-1).
Ces résultats doivent être replacés dans leur contexte. Cette double confrontation a notamment permis à Desabre de tester de nouveaux joueurs et d’élargir ses options. Plusieurs cadres étaient absents ou avaient rejoint leurs clubs pour préparer les échéances importantes.
Il serait donc excessif de juger tout le travail du sélectionneur sur ces deux rencontres. Ces matchs ont surtout servi à évaluer de nouveaux profils, même si les Léopards devront continuer à corriger leurs faiblesses pour gagner en régularité.
Une demi-finale à la CAN 2023, un parcours historique au Mondial 2026, deux victoires en début des éliminatoires de la CAN 2027 et une place dans le Top 40 mondial, le bilan de Sébastien Desabre présente des arguments solides.
Le technicien français peut être considéré comme l’un des principaux artisans du renouveau des Léopards. Mais le redressement durable du football congolais ne peut pas reposer sur un seul homme. Il dépend également de la FECOFA, de la formation des jeunes, du championnat national et de l’organisation du football dans le pays.
La véritable question n’est donc pas seulement de savoir si Desabre est un sauveur, mais si les progrès réalisés sous sa direction pourront se poursuivre dans les prochaines années. Pour la RDC, le défi est désormais de transformer ces avancées en succès durables, aussi bien en Afrique que sur la scène mondiale.
Guillaume MABALA