Les autorités urbaines de Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga, ont lancé, jeudi 19 février, une opération visant à désengorger le centre-ville des enfants en situation d’errance. Au total, 237 mineurs ont été identifiés puis acheminés vers le Bureau Central de recensement (BCR), avant leur redirection annoncée vers des structures spécialisées d’accueil et de formation.
Cette initiative est menée avec l’appui du gouvernement provincial du Haut-Katanga, sous l’autorité du gouverneur Martin Kazembe Shula, qui affiche une politique de fermeté face à la recrudescence du phénomène des enfants de la rue dans la capitale économique du sud-est de la RDC.
Devant les mineurs rassemblés, la maire intérimaire, Joyce Tunda Chansa, a présenté l’opération comme une mesure de protection et de réorientation sociale. Elle a insisté sur la nécessité de séparer les enfants des adultes vivant dans la rue et sur leur intégration prochaine dans des centres de formation destinés à leur offrir un cadre structuré et éducatif.
Le discours municipal met en avant la volonté de restaurer l’ordre urbain tout en proposant une alternative éducative aux enfants concernés. Les autorités affirment vouloir transformer cette opération en véritable opportunité de réinsertion durable.
Présente lors de l’opération, la ministre provinciale du Genre, Famille et Enfant, Valérienne Mumba Kiboko, a salué l’engagement des autorités provinciales. Elle a toutefois tenu un discours dissuasif, avertissant que tout retour dans les rues du centre-ville exposerait les contrevenants à des sanctions.
Des kits alimentaires ainsi que des vêtements ont été distribués aux enfants avant leur transfert progressif vers les centres d’hébergement.
Cette action s’inscrit dans la continuité d’une campagne similaire menée en 2025. À l’époque, plusieurs enfants avaient été envoyés au centre d’encadrement de Lukuni, situé à une trentaine de kilomètres de Lubumbashi.
Cependant, l’initiative avait montré ses limites : le manque de ressources alimentaires, des infrastructures inadaptées et des problèmes de sécurité avaient poussé de nombreux pensionnaires à quitter les lieux quelques mois plus tard.
La réussite de cette nouvelle opération dépendra donc de la capacité des autorités à garantir des conditions d’accueil conformes aux engagements annoncés. Au-delà du retrait visible des enfants des artères urbaines, c’est la question structurelle de la protection sociale, de l’encadrement éducatif et du suivi à long terme qui demeure au cœur des enjeux.
Guillaume MABALA