Haut-Katanga : à Kasumbalesa, Julien Paluku annonce la tolérance zéro contre les pratiques frauduleuses à la frontière

Le ministre Julien Paluku, accompagné du gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe, et du DG de l’OCC, Pierre Lohohola, évalue le fonctionnement du principal corridor commercial

Le gouvernement congolais durcit le ton face aux pratiques frauduleuses qui privent l’État d’importantes recettes aux frontières. En mission officielle dans le Haut-Katanga, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et son collègue de l’Industrie, Entrepreneuriat et Développement des PME, Justin Kalumba Mwana Ngongo, ont effectué, mardi 7 juillet 2026, une descente au poste frontalier de Kasumbalesa, à la frontière entre la République démocratique du Congo et la Zambie.

Une vue de Kasumbalesa

Accompagnés du gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe, et du directeur général de l’Office congolais de contrôle (OCC), Pierre Lohohola, les deux membres du gouvernement sont allés évaluer le fonctionnement de ce principal corridor commercial, identifier les difficultés rencontrées et accélérer les réformes destinées à fluidifier les échanges.

L’objectif est notamment de renforcer la dématérialisation des procédures de pré-dédouanement, de dédouanement et de post-dédouanement des marchandises, un système lancé en décembre dernier par la Première ministre Judith Suminwa afin de réduire les coûts et les délais des opérations commerciales, tout en maximisant les recettes publiques.

« La récréation est terminée »

Lors d’une réunion technique avec les responsables des services opérant à la frontière, Julien Paluku a annoncé un changement de cap.

« Au nom du Gouvernement, la récréation est terminée. Il y aura désormais une tolérance zéro face à toutes les pratiques irrégulières qui font perdre d’importantes ressources à l’État », a déclaré le ministre du Commerce extérieur.

Il a notamment dénoncé plusieurs pratiques frauduleuses, dont le phénomène communément appelé « Bamba roho », les véhicules hors gabarit, le phénomène « Bilanga », le fractionnement des marchandises, leur sous-évaluation ainsi que leur dénaturation, parfois avec la complicité de certains agents.

Selon le ministre, ces fraudes entraînent une perte estimée à 2,5 milliards de dollars américains par an pour le Trésor public.

« Ces pratiques font saigner le Trésor public. Nous devons restaurer l’autorité de l’État et protéger les recettes nationales », a insisté Julien Paluku.

Dans cette perspective, il a instruit la société ITM Border Services d’intégrer un dispositif spécifique permettant de surveiller le phénomène « Bilanga ». Il a également exigé une meilleure collaboration entre tous les services présents à la frontière et l’utilisation obligatoire du Guichet unique intégral du commerce extérieur (GUCE).

Un poste frontalier moderne et un régime simplifié en préparation

Profitant de cette mission, le ministre a également annoncé plusieurs projets structurants destinés à moderniser les échanges commerciaux entre la RDC et la Zambie.

« Le Gouvernement prévoit la construction prochaine d’un poste frontalier à arrêt unique à Kasumbalesa ainsi que d’un port sec moderne », a-t-il annoncé.

Julien Paluku a également confirmé le lancement prochain du Régime commercial simplifié (RECOS) entre la RDC et la Zambie.

Ce mécanisme vise à faciliter les activités des petits commerçants transfrontaliers grâce à des procédures allégées et des avantages spécifiques pour les populations vivant le long de la frontière.

La mission gouvernementale s’est achevée par une visite guidée des différentes installations du poste frontalier de Kasumbalesa, où les autorités ont pu constater les réalités du terrain et les défis à relever pour améliorer durablement le climat des affaires et la compétitivité du commerce extérieur de la RDC.

Christiane Ekambo

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