Un climat de forte tension s’est installé ces derniers jours dans plusieurs localités du Tanganyika et du Lualaba, deux provinces issues de l’ancien Grand Katanga. En cause : la circulation persistante de rumeurs évoquant de prétendues disparitions d’organes génitaux masculins, des accusations non étayées qui ont rapidement dégénéré en violences collectives.
À l’origine de cette psychose, des messages et des vidéos massivement partagés sur les réseaux sociaux affirmant que certains individus seraient responsables de ces actes supposés, à la suite de simples contacts physiques. Aucune autorité médicale ou administrative n’a confirmé l’existence d’un tel phénomène. Malgré cela, la peur s’est propagée au sein des populations locales, favorisant la suspicion et les amalgames.
À Kalemie, des rassemblements spontanés ont été observés, traduisant l’inquiétude d’une partie de la population. À Fungurume, deux jeunes hommes, accusés sans preuve, ont été violemment pris à partie par des habitants et ont succombé à leurs blessures. D’autres cas de lynchage auraient également été signalés dans la région, illustrant une inquiétante montée de la justice populaire.
Des organisations de la société civile appellent à la retenue et insistent sur la nécessité de vérifier toute information avant sa diffusion. Elles exhortent les autorités à renforcer la communication officielle et à diligenter des enquêtes afin d’apaiser les tensions.
Au-delà des faits, cette situation met en évidence l’impact destructeur de la désinformation dans des contextes déjà fragiles, où la rumeur peut rapidement supplanter la raison et entraîner des conséquences irréversibles.
Guillaume MABALA