La mairie de Lubumbashi a lancé, depuis le mercredi 3 décembre, une opération visant à récupérer les enfants et jeunes vivant dans la rue, accusés de perturber l’ordre public dans plusieurs zones stratégiques de la ville. Menée avec le concours des forces de sécurité, cette action marque un tournant dans la lutte contre l’insécurité urbaine.

Les équipes déployées ont investi plusieurs sites où ces groupes s’étaient établis depuis des années, notamment la place 24 Heures, le tunnel Bel-Air, le marché Mzee, les abords du parquet de grande instance et l’esplanade de l’hôtel de ville. Ces espaces, devenus de véritables repaires, ont été évacués à la suite de descentes coordonnées.
De nombreux enfants de la rue ont été interpellés et leurs campements démantelés. Aucun chiffre officiel n’a encore été communiqué, mais les images ayant circulé témoignent de l’ampleur de l’intervention. Les personnes appréhendées sont actuellement retenues à l’hôtel de ville, en attente d’orientation vers le Service national ou vers des structures de prise en charge, selon des sources administratives.
Cette opération intervient moins de vingt-quatre heures après un épisode de violences urbaines au rond-point Kitembo, où des groupes rivaux d’enfants en rupture familiale se sont affrontés à coups de projectiles. L’incident a momentanément paralysé ce carrefour central, illustrant l’aggravation d’un phénomène devenu difficilement contrôlable.
Depuis plusieurs années, Lubumbashi est confrontée à une augmentation préoccupante du nombre d’enfants livrés à eux-mêmes. Certains mendient, tandis que d’autres, plus âgés, se livrent à des actes d’agression, d’extorsion et de vol, alimentant un sentiment d’insécurité dans les espaces publics. La mairie affirme vouloir associer fermeté sécuritaire et mesures de rééducation pour tenter d’enrayer une crise qui gagne du terrain dans toute la ville et suscite de vives inquiétudes parmi les autorités comme les habitants.
Guillaume MABALA/Haut-Katanga