La situation sécuritaire et administrative demeure préoccupante dans le groupement Bakaeku, en chefferie de Babila Babombi, dans le territoire de Mambasa, province de l’Ituri. Des habitants dénoncent l’absence de l’autorité de l’État et la multiplication de taxes jugées illégales, imposées par des miliciens se réclamant de l’Union des patriotes pour la libération du Congo (UPLC).
Selon des sources locales, ces éléments armés, qui s’identifient comme des wazalendo, exigeraient des opérateurs économiques une contribution mensuelle variant entre 10 000 et 25 000 francs congolais. À cela s’ajouteraient des jetons hebdomadaires et mensuels imposés aux cultivateurs ainsi qu’aux ménages, sous peine de représailles.
La Convention pour le respect des droits humains (CRDH) alerte sur ce qu’elle qualifie de dérive grave et de manque à gagner pour le Trésor public. Pour cette organisation, ces pratiques traduisent un vide sécuritaire et administratif dans cette partie du territoire de Mambasa.
Sur place, Rams Malikidogo, activiste au sein de la CRDH, décrit une population confrontée à des prélèvements réguliers jugés arbitraires.
« La population de la chefferie de Babila Babombi, dans le territoire de Mambasa, précisément dans le groupement Bangole, est en train de souffrir. Les miliciens UPLC ont instauré une nouvelle taxe exigeant de chaque opérateur économique le paiement d’une somme comprise entre 10 000 et 25 000 francs. Tous les opérateurs économiques sont concernés », dénonce-t-il.
Il explique que cette pression fiscale informelle ne se limite pas aux commerçants, mais touche également les cultivateurs et les familles vivant de l’agriculture.
Selon lui, ces prélèvements réguliers aggravent la précarité dans une zone déjà fragilisée par l’insécurité et privent l’État de ressources importantes.
« En plus de cela, chaque cultivateur, chaque habitant, est contraint de verser au moins 2 000 francs par semaine entre les mains de ces wazalendo. C’est la population qui souffre. C’est aussi un manque à gagner pour l’État et pour le Trésor public. Au lieu que l’État bénéficie des taxes que devraient payer ces opérateurs économiques, ce sont les miliciens UPLC qui tracassent la population en percevant ces montants. Nous appelons les autorités compétentes à traquer ces miliciens. On ne peut pas abandonner la population entre les mains de groupes armés qui pillent les richesses du pays », a-t-il insisté.
La CRDH appelle ainsi les autorités provinciales et nationales à intervenir en urgence afin de restaurer l’autorité de l’État et de mettre fin aux pratiques dénoncées par la population de Bakaeku.
Gloire TSONGO