Le gouvernement congolais a commémoré, ce mardi 27 janvier 2026 à Kinshasa, une journée de mémoire en hommage aux Congolais victimes de l’agression rwandaise et de ses supplétifs de l’AFC/M23. La cérémonie s’est tenue à l’Académie des Beaux-Arts, en présence de plusieurs membres du gouvernement et de personnalités nationales et diplomatiques.

Dans son allocution, la Première ministre Judith Suminwa a salué la bravoure et le courage des populations victimes de cette agression, tout en rendant hommage aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), engagées jour et nuit dans la défense de l’intégrité territoriale du pays.

« La guerre que traverse notre pays n’est pas accidentelle. Elle procède d’une stratégie pensée et planifiée par le Rwanda et ses supplétifs, dans le dessein d’occuper une partie de notre territoire et de poursuivre une entreprise de prédation », a-t-elle déclaré.

La cheffe du gouvernement a également profité de l’occasion pour saluer l’engagement du Président de la République et de l’ensemble de l’équipe gouvernementale dans la recherche de solutions durables afin de mettre fin aux conflits armés dans l’Est du pays, lesquels ont causé, depuis plus de trois décennies, la mort de millions de Congolais.
De son côté, le ministre de la Communication et des Médias, également porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a expliqué la portée politique et symbolique de cette journée de mémoire, placée sous le thème :
« De Bunagana à Uvira : résistance, résilience et unité ».
« Le choix de tenir cette journée de mémoire à l’Académie des Beaux-Arts n’est pas le fruit du hasard. Cette journée n’est ni un rituel de circonstance ni un exercice symbolique détaché de l’action. Elle résulte d’un choix clair de la Première ministre et du Président de la République : refuser la banalisation de la guerre et refuser que la souffrance de nos populations soit reléguée au silence ou à l’indifférence », a-t-il souligné.
Le porte-parole du gouvernement a également dénoncé les véritables motivations du Rwanda, qu’il a qualifié de parrain de l’insécurité dans l’Est de la RDC, accusant Kigali de se cacher derrière le M23 pour agresser le pays, sous le prétexte fallacieux de la protection de certaines communautés minoritaires, notamment les Banyamulenge.
Pour sa part, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, est revenu sur les intentions qu’il a qualifiées de mesquines du Rwanda, estimant que ces agressions récurrentes visent à affaiblir non seulement les populations civiles, mais aussi l’économie nationale.
« Les massacres de civils ont pour objectif de détruire le capital humain congolais, avec des milliers de déplacés, mais également de saper le tissu économique à travers le pillage des produits agricoles », a-t-il affirmé.
Il a en outre dénoncé la stratégie de prédation économique du Rwanda, qui, selon lui, se livre au pillage systématique des ressources minières congolaises. À ce sujet, il a souligné que le volume des exportations minières rwandaises serait passé de 70 millions à près de 2 milliards de dollars américains durant la période d’occupation, alors même que le pays ne disposerait pas de gisements miniers significatifs sur son sol.
Plusieurs autres personnalités ont pris part à cette journée de mémoire, notamment le Vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, les ministres de la Justice, de la Culture, de la Jeunesse, ainsi que des représentants du corps diplomatique.
Après les différentes prises de parole, les participants ont visité les expositions retraçant avec force les drames vécus par les populations de l’Est du pays. Cette immersion dans la mémoire collective s’est conclue par un moment de recueillement et de méditation au jardin de l’Académie des Beaux-Arts.
Blaise BOZENGE