Alors que les populations de l’Est de la RDC continuent de payer un lourd tribut aux conflits armés, la Journée internationale de la paix ravive l’urgence d’une réponse durable. À cette occasion, Me Joseph Muhindo Ntoku appelle les autorités congolaises à placer la protection des civils au cœur d’une stratégie combinant défense du territoire, diplomatie, justice, réconciliation et développement.
À l’occasion de la Journée internationale de la paix, célébrée ce lundi 21 septembre 2026, Me Joseph Muhindo Ntoku, avocat près la Cour d’appel de l’Ituri et secrétaire général de l’association culturelle Kyaghanda Yira, estime que la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo ne peut être résolue par une réponse unique.
Pour lui, une paix durable nécessite une approche globale associant la défense du territoire, la diplomatie, la justice, la protection des civils, la réconciliation et le développement.
« La véritable stratégie devrait être une diplomatie ferme, une défense nationale efficace et une justice indépendante », a-t-il déclaré.
Me Joseph Muhindo Ntoku insiste particulièrement sur la situation des populations civiles, qu’il considère comme les premières victimes des conflits armés. Il met également en garde contre toute stigmatisation des communautés, estimant que celle-ci ne contribue pas à la recherche de la paix.
Sur la question de l’articulation entre l’action militaire et la diplomatie, il estime que les deux approches doivent être complémentaires.
« Je pense, à mon avis, qu’il serait réducteur d’opposer la diplomatie à la force légitime de la défense. La diplomatie doit chercher et obtenir des engagements. La force légitime de l’État doit protéger la population et défendre l’intégrité territoriale lorsque cela est nécessaire », explique-t-il.
L’avocat appelle également à ce que les accords conclus dans le cadre des efforts de paix soient accompagnés d’engagements concrets et vérifiables, ainsi que de mécanismes permettant d’en assurer le suivi.
Il plaide par ailleurs pour le renforcement des capacités des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des services de sécurité, dans le respect de la loi et des droits des citoyens.
Pour Me Joseph Muhindo Ntoku, la protection de la population doit désormais constituer une priorité des autorités congolaises.
« Je recommande aux autorités de considérer la sécurité des citoyens comme unique priorité nationale. Que les autorités nous épargnent des débats intempestifs qui n’apportent aucune solution à la crise qui se passe au Congo », insiste-t-il.
Il appelle enfin à renforcer la justice, la bonne gouvernance et la cohésion nationale, qu’il considère comme des éléments indispensables à la construction d’une paix durable en République démocratique du Congo.
Gloire Tsongo