Le week-end dernier, la justice congolaise a rendu son verdict dans l’affaire du docteur Emmanuel Dibu Nawej, décédé dans un cachot à Kolwezi (province du Lualaba). Deux policiers ont été reconnus coupables et condamnés à des peines de prison ferme, après plusieurs audiences publiques.
Sur les cinq personnes mises en cause, quatre policiers et un civil, seules deux ont été sanctionnées. Benathar Christian Mwisange a écopé de 24 mois de servitude pénale, tandis que Virginie Mujinga Kadima a été condamnée à 12 mois. Les deux devront également verser à la famille du défunt 25 000 dollars américains pour réparer le préjudice subi. Les trois autres prévenus ont été libérés, faute de preuves suffisantes pour les incriminer.
La Cour a ordonné la remise du corps du docteur Nawej à sa famille, près de deux mois après son décès, afin qu’il puisse être inhumé dignement.
Le 9 novembre 2025, le docteur Nawej avait été placé en détention au Centre de coordination des opérations de Kolwezi après un accrochage mineur avec un véhicule de police. La nuit suivante, il est décédé dans sa cellule dans des circonstances jugées très controversées.
Cet incident avait provoqué une vague d’indignation dans la ville. Le coordonnateur provincial de la CNDH, Arthur Kabulo, ainsi que plusieurs témoins, avaient dénoncé la situation et réclamé une enquête sérieuse et transparente.
Le 11 novembre, de nombreux médecins étaient descendus dans les rues de Kolwezi pour réclamer justice, dénonçant la mort de leur confrère comme un acte inacceptable.
Ce jugement constitue une étape clé pour la communauté médicale et les défenseurs des droits humains, tout en envoyant un message fort sur la responsabilité des forces de l’ordre.
Guillaume MABALA