La nouvelle taxe mensuelle d’assainissement instaurée par la mairie de Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, suscite des contestations en raison de son coût pour les ménages. Fixée entre 20 et 25 dollars américains par mois, cette contribution obligatoire vise à financer la collecte et l’évacuation des ordures ménagères. Toutefois, son montant soulève des inquiétudes dans un contexte marqué par le poids des dépenses quotidiennes des familles.
Présentée par les autorités urbaines comme une réponse à l’insalubrité persistante dans plusieurs quartiers de la ville, cette mesure est diversement accueillie par la population. Sur le terrain, de nombreux habitants dénoncent une charge financière supplémentaire qu’ils jugent difficile à supporter.
Dans les communes de Dilala et de Manika, le mécontentement se fait sentir. « Comment payer 25 dollars chaque mois pour les poubelles alors que je peine déjà à payer les provisions pour mes enfants ? », s’interroge une habitante de Manika, mère de cinq enfants.
Même son de cloche chez un jeune père de famille rencontré à Mutoshi. « Nous voulons une ville propre, mais ce montant est trop élevé. On nous demande de mettre les déchets dans des sachets, c’est bien, mais la mairie doit aussi expliquer où va cet argent », déplore-t-il.
Pour la société civile locale, cette taxation risque d’accentuer les difficultés des ménages à faibles revenus, déjà confrontés à de nombreuses charges.
Du côté de l’hôtel de ville, la mesure est présentée comme une nécessité pour améliorer la gestion des déchets. Jointe ce mardi 20 octobre, une source au sein de la mairie de Kolwezi explique que l’arrêté vise à professionnaliser la chaîne de collecte et à mettre fin à la multiplication des dépotoirs sauvages.
« La ville produit chaque jour des tonnes de déchets qui ne sont plus évacués correctement. Cette taxe va permettre de financer des équipes dédiées, des camions et des décharges contrôlées », affirme cette source.
Selon la même source, des contrôles seront effectués sur le terrain afin de veiller au respect des obligations relatives au tri et au conditionnement des ordures dans des sachets ou des poubelles adaptés.
L’arrêté précise également les modalités de conditionnement des déchets avant leur enlèvement. Les ménages sont ainsi appelés à regrouper leurs ordures dans des contenants appropriés pour faciliter le travail des agents chargés de l’assainissement.
Les autorités urbaines entendent réduire l’accumulation des immondices dans les rues, les caniveaux et les parcelles. Ces dépôts anarchiques contribuent à la dégradation du cadre de vie et peuvent favoriser la propagation de maladies, notamment celles liées à la contamination de l’eau, particulièrement en période de pluies.
Marcel Kakule