Liberté de la presse dans les Grands Lacs : Patrick Muyaya saisi par Reporters Sans Frontières d’un rapport alarmant

Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias en RDC

La liberté de la presse traverse une zone de fortes turbulences dans la région des Grands Lacs. Dans un rapport intitulé « Dans la peau d’un journaliste dans les Grands Lacs », publié le 26 mars 2026 à Kinshasa avec Journalistes en Danger (JED), Reporters Sans Frontières (RSF) dresse un constat alarmant.

C’est dans ce contexte que le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a été saisi de ce document lors d’une audience accordée à Madame Jeanne Lagarde, chargée de plaidoyer pour l’Afrique subsaharienne au sein de RSF.

Couvrant six pays — la RDC, le Burundi, l’Ouganda, le Rwanda, le Kenya et la Tanzanie — l’étude décrit une situation allant de « difficile » à « très grave », marquée par des violences, des arrestations et une impunité persistante.

Près de 500 journalistes ont été arrêtés ou détenus ces dernières années dans la région, dont 111 pendant plus de deux jours. Le rapport évoque également des cas de meurtres et de disparitions non élucidés, ainsi que des pressions juridiques et économiques fragilisant l’indépendance des médias.

La République démocratique du Congo apparaît comme l’un des principaux foyers d’inquiétude, notamment en raison de la situation sécuritaire dans sa partie orientale, où les exactions contre les journalistes sont les plus nombreuses.

Présentant les conclusions du rapport, Jeanne Lagarde a déclaré :

« Nous avons présenté un rapport de RSF consacré à l’exercice du journalisme dans la région des Grands Lacs, avec un accent particulier sur la République Démocratique du Congo. »

Face à ces constats, RSF appelle à des mesures urgentes, notamment la mise en place de mécanismes d’alerte rapide et le renforcement de la protection des journalistes.

Le Secrétaire général de Journalistes en Danger, Tshivis Tshivuadi, pointe du doigt l’impunité comme facteur aggravant :

« Les arrestations, emprisonnements et menaces visant les journalistes poursuivent un seul objectif : les réduire au silence. »

Au-delà des chiffres, le rapport met en évidence une réalité préoccupante : celle de professionnels des médias contraints d’exercer dans un climat de peur, souvent sans protection adéquate.

RSF insiste ainsi sur l’urgence d’une mobilisation régionale et internationale afin de garantir la sécurité des journalistes, lutter contre la désinformation et préserver la liberté d’informer dans une région stratégique mais fragilisée.

Christiane Ekambo

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