La localité de Baungatsu Luna, située dans le groupement des Bambuba-Kisiki, territoire de Beni (province du Nord-Kivu), connaît actuellement une accalmie sur le plan sécuritaire. Les agriculteurs y poursuivent leurs activités champêtres sans interruption majeure. Toutefois, la société civile locale appelle à la prudence, en raison de la présence présumée de rebelles ADF dans certaines zones voisines de la province de l’Ituri.
Cette mise en garde a été lancée par Asabha Lokibale Lingasa, vice-président de la société civile forces vives de Baungatsu Luna, lors d’une interview accordée au Journal des Nations ce mercredi 23 juillet 2025.
« La situation est relativement calme. Les cultivateurs exercent paisiblement, mais nous leur recommandons de ne pas s’aventurer trop loin, notamment dans les zones proches de l’Ituri, où l’on signale l’errance des ADF », a-t-il déclaré.
Des mouvements suspects signalés en Ituri
Selon ce responsable communautaire, des zones naguère fréquentées librement par les agriculteurs comme Kainama, Maïsafi, Mukondi et Bango sont désormais évitées, à cause des récentes attaques enregistrées à Otomabere, en Ituri, qui ont ravivé la peur au sein de la population.
« Nous avons appris que l’ennemi a traversé jusqu’à Mugulu-Mugulu, derrière Maitatu, a escaladé la colline de Kanana, et s’est déplacé jusqu’à l’est d’Eringeti, vers Tchutchubo. Cela inquiète fortement la population », a-t-il rapporté.
Les structures citoyennes recommandent donc une extrême prudence, particulièrement dans les villages de Matungulu, Mukondi, Kanana et Tingwe, en appelant la population à signaler sans délai tout mouvement suspect aux autorités.
Appel à renforcer la collaboration avec les forces de sécurité
Tout en saluant les efforts des opérations conjointes menées par les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF), qui ont permis une accalmie dans la région ces derniers mois, Asabha Lokibale plaide pour une écoute plus attentive des alertes communautaires.
« Nous invitons les cultivateurs à ne plus camper dans les champs isolés. Même si la menace semble lointaine, elle peut frapper à tout moment. La vigilance est de mise », a-t-il insisté.
Il exhorte également les forces de sécurité à renforcer les patrouilles dans les zones à risque et à réagir promptement aux alertes de la population.
« Le rôle de l’armée est de sécuriser les citoyens et leurs biens. Lorsqu’une alerte est donnée sur la présence de l’ennemi, les militaires doivent intervenir rapidement pour le neutraliser. Nous saluons déjà le travail réalisé conjointement par les FARDC et la UPDF », a-t-il conclu.
Gloire TSONGO/ Beni